Le gouvernement présente les nouveaux appels d’offres de l’Etat sur le solaire et l’éolien
# Renouvelable # Transition énergétique

Le gouvernement présente les nouveaux appels d’offres de l’Etat sur le solaire et l’éolien

Attendus de pied ferme par les filières du solaire et de l’éolien depuis plusieurs mois, les appels d’offres de la 3e programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ont été présentés à Bercy. Sept sites sont retenus pour l’éolien en mer mais l’éolien terrestre devra se contenter de projets de renouvellement. Côté solaire, la stratégie se concentre sur deux axes.

Le parc éolien en mer des îles d’Yeu et Noirmoutier, aujourd'hui en activité. De nouvelles zones devraient accueillir des parcs offshores, dans les zones de Fécamp, Bretagne Nord-Ouest et Bretagne Sud, Oléron, Narbonnaise Sud-Hérault, Golfe du Lion, Golfe de Fos — Photo : Franck Badaire Photographe - Franck Badaire

Ils étaient attendus depuis plusieurs mois par la filière. Les appels d’offres pour les énergies renouvelables ont été présentés par Roland Lescure, ministre de l’Économie et Maud Bregeon, ministre chargée de l’Énergie le 2 avril 2026 à Bercy. Ils rendent un peu plus concrets les objectifs de la 3e programmation pluriannuelle de l’énergie et doivent permettre aux filières de l’éolien et du solaire de se projeter sur les mois à venir.

Dans une actualité marquée par la forte hausse des prix du pétrole, il faut "profiter de ce signal envoyé une fois de plus pour réduire nos dépendances énergétiques, industrielles et climatiques", a plaidé Roland Lescure, à l’occasion de la présentation.

Jules Nyssen, président du syndicat des énergies renouvelables a estimé lors de cet événement, que les appels d’offres permettent de "crédibiliser ce qui sera annoncé prochainement sur l’électrification". Selon lui, "il faut la certitude que la France dispose d’une électricité décarbonée".

7 sites pour l’éolien en mer

Les 9e et 10e appels d’offres pour l’éolien en mer sont fusionnés au sein d’une même procédure comprenant toutes les façades maritimes. Au total, sept zones sont citées : Fécamp, Bretagne Nord-Ouest et Bretagne Sud, Oléron, Narbonnaise Sud-Hérault, Golfe du Lion, Golfe de Fos.

Zones prévues pour la mise en concurrence de l’appel d’offres de la PPE3 sur l’éolien en mer — Photo : Gouvernement

L’objectif est d’atteindre 15 gigawatts en 2035 puis 45 GW en 2050 contre 2 GW installés aujourd’hui et 5,6 en développement. Selon Maud Bregeon, ces projets vont permettre de générer 37 milliards d’euros de taxes et de retombées économiques tout en sécurisant 1 500 emplois directs. Le parc de l’Île d’Yeu et Noirmoutier a par exemple sécurisé 85 emplois sur 25 ans, affirme-t-elle.

Cap sur le renouvellement pour l’éolien terrestre

Si l’éolien en mer peut lancer de nouveaux projets, celui sur terre devra privilégier les renouvellements. Selon Maud Bregeon, ces projets de renouvellement sont des "opportunités économiques" car plus compétitifs grâce à un matériel plus performant. "Ils bénéficient aussi d’une acceptabilité locale renforcée, que nous devons rechercher", a plaidé la ministre. L'objectif de la PPE est d'atteindre 31 GW en 2030, contre 25 produits actuellement.

"L’industrie avait besoin de signaux positifs"

Dès le mois de mai, une partie de l’appel d’offres sera lancée pour un volume de 800 mégawatts. Une seconde arrivera en septembre prochain.

Deux axes pour le photovoltaïque

Alors que 30 gigawatts sont déjà installés aujourd’hui, la PPE cible 48 GW en 2030 pour le photovoltaïque. Un appel d’offres pour le petit photovoltaïque qui vise à équiper les particuliers et petites entreprises en autoconsommation sera lancé en juillet prochain, pour une puissance de 288 mégawatt-crête. Une seconde consultation se tiendra au même moment pour le photovoltaïque au sol avec un volume de 925 mégawatt-crête.

Pour la filière, ces annonces apportent de la visibilité aux développeurs sur le semestre à venir. "L’industrie actuelle et en devenir avait besoin de signaux positifs", commente David Gréau, délégué général d’Enerplan. Avec ces annonces, le secteur dispose désormais d’une "note d’intention", sans en connaître les détails.

Des précisions sont en effet attendues sur plusieurs points dont le maintien, ou non, du soutien à la revente d’électricité pour les petites installations de PME ou de collectivités locales. Pour les grandes installations, le secteur appelle aussi à favoriser les projets couplant production et stockage.

Des critères de souveraineté industrielle

L’ensemble de ces appels d’offres comportent des "critères de résilience", exigeant que certaines parties des infrastructures soient originaires d’Europe.

Sur le photovoltaïque, ce critère s’appliquera sur les modules et les cellules, qui devront provenir de "sources d’approvisionnement diversifiées" pour limiter les dépendances à la Chine notamment. Pour l’État, il s’agit de favoriser "la montée en puissance de nouvelles capacités de production", chiffrées à 1,5 milliard d’euros d’investissements cumulés, permettant la création de près de 4 000 emplois.

Pour l’éolien en mer, Maud Bregeon précise que quatre composants stratégiques sur 9 et 50 % d’aimants permanents devront, au maximum, venir de Chine.

Une trajectoire soumise à des aléas

Si ces procédures offrent une visibilité sur les prochains mois, une clause de revoyure est prévue en 2027. L’élection présidentielle est "une clause de revoyure par définition", selon Roland Lescure, car "l’énergie fera partie des grands débats".

Les recommandations de la mission Lévy-Tuot, qui devront être communiquées mi-avril, pourraient aussi avoir un impact sur les conditions de ces appels d’offres. Selon les ministres, elles seront intégrées au fil de l’eau quand ce sera possible ou bien dans la prochaine loi de finances.

France Paris # Renouvelable # Eolien # Solaire # Transition énergétique # Politique économique # Services de l'Etat