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Le domaine de Val-Cenis se dote d’une remontée mécanique de seconde main
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Le domaine de Val-Cenis se dote d’une remontée mécanique de seconde main

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La SEM de Val-Cenis a investi 7 millions d’euros dans un nouveau télésiège essentiellement composé de pièces de seconde main rachetées à d’autres stations. Une décision qui a permis au domaine skiable de réduire de 90 % l’utilisation de matières premières pour dix fois moins d’émissions de gaz à effet de serre.

Le nouveau télésiège des Roches Blanches à Val-Cenis est composé à 90 % de pièces recyclées issues d’autres stations — Photo : Val Cenis

C’est une première pour une station de ski française. La SEM de Val-Cenis (182 salariés ; 18,5 millions d’euros de CA), qui exploite le domaine du même nom en Savoie, a inauguré un télésiège composé quasi essentiellement de pièces de seconde main. "Nous avons récupéré les pièces de deux appareils auprès des stations de Val Thorens et Montgenèvre, que le fabricant de remontées mécaniques POMA a reconditionnées et remontées à Val-Cenis", explique Morgane Gauché, responsable de la communication de la station.

Une opération qui a permis à Val-Cenis de réduire de 90 % l’utilisation de matières premières pour dix fois moins d’émissions de gaz à effet de serre.

10 % d’éléments neufs

Les sièges, la gare et les pylônes de ce nouveau télésiège des Roches Blanches sont donc du matériel de seconde main, les 10 % restants de l’installation (câbles, boulonneries, couvertures des gares) étant des éléments neufs. "Nous avons récupéré du matériel qui n’avait que dix ans alors que la durée de vie de ce genre d’installation est plutôt de 40 ans. Val Thorens et Montgenèvre ont remplacé ces remontées par des télécabines, en raison de flux de skieurs plus importants qu’escompté", poursuit Morgane Gauché.

Soucieuse de mener un projet environnemental cohérent, la station de Val-Cenis a par ailleurs démonté l’ancien télésiège des Roches Blanches, exploité durant 35 ans de manière à préserver le plus de pièces possible, amenées à être vendues pour réemploi. Et la quasi-totalité des pièces ne pouvant pas être réutilisées a été recyclée. La station a également tenu à ce que le nouveau télésiège suive le tracé de l’ancien appareil afin de limiter l’impact sur la faune et la flore.

Une économie de 4 millions d’euros

Coût total de l’investissement dans ce télésiège de seconde main : 7 millions d’euros, au lieu de 11 millions d’euros si la SEM avait construit une remontée entièrement neuve. "Le projet a demandé un investissement humain très important pour démonter toutes les pièces et tenir les délais relativement courts, explique encore la responsable communication. Nous sommes surtout satisfaits d’avoir pu l’inscrire dans une démarche plus large d’engagement durable", poursuit Morgane Gauché.

Politique de sobriété énergétique

La SEM de Val-Cenis a ainsi entamé il y a quelques années une politique de sobriété énergétique au sein du domaine skiable, avec notamment l’adaptation de la vitesse des télésièges et des télécabines à la fréquentation et la mise en place d’un reporting pour quantifier la valeur ajoutée du dispositif. "Nous avons également remplacé l’une de nos petites dameuses thermiques, destinées au front de neige et aux pistes de ski de fond, par une dameuse 100 % électrique", explique Morgane Gauché.

Avec toutefois un petit bémol sur ce dernier point. "L’autonomie de ce type de machines est moindre et il y a encore un travail de développement à faire avec le fabricant pour être au plus proche de nos besoins", poursuit la responsable.

Les dameuses de la station sont par ailleurs équipées d’un système GPS destiné à mesurer la hauteur de neige afin d’optimiser le travail de la machine. Des actions qui à ce jour ont permis de réduire la consommation énergétique de la station de 5 %.

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