Morbihan
Le chocolatier Henri Le Roux croque le grand export
Morbihan # Agroalimentaire # International

Le chocolatier Henri Le Roux croque le grand export

Reprise par le Japonais Yoku Moku en 2006, la chocolaterie Henri Le Roux, dont l'unité de production se situe à Landévant, alimente un réseau de cinq boutiques en nom propre en Bretagne et à Paris. Il dispose de deux points de vente à Tokyo et a ouvert à Dubaï en 2016.

Classé Meilleur Chocolatier de France en 2003 par le Guide des croqueurs de chocolat et surtout inventeur du caramel au beurre salé (marque déposée CBS), Henri Le Roux est l'une des références mondiales du chocolat haut de gamme. Un parcours qui remonte aux années 70 et puise ses racines dans la pâtisserie familiale, en pays bigouden. Henri Leroux fait ses gammes puis décide de se perfectionner à la « Coba », à Bâle en Suisse, alors seule école de confiserie au monde. En 1977, il invente le fameux caramel au beurre salé. Le succès est planétaire et vaut plusieurs prix prestigieux. Le club des Croqueurs de Chocolat classe Henri Le Roux Meilleur Chocolatier de France en 2003, lui décernant la note maximale. Mais l'aventure de la chocolaterie Henri Le Roux prend une autre dimension, internationale, en 2006. Elle est cédée à l'entreprise familiale Yoku Moku, autre orfèvre du métier, qui va donner un nouveau souffle à la marque. Dès 2008, l'unité de production s'installe à Landévant, zone de Mané Craping, où une seconde boutique est ouverte. L'arrivée de Makoto Ishii permet d'enrichir la gamme japonaise et ouvre des débouchés au pays du soleil levant : « Aujourd'hui, on exporte 24 % de la production au Japon, mais aussi en Allemagne, en Suisse, à Dubaï. Nous disposons de trois boutiques à Paris à Saint-Germain-des-Prés, rue des Martyrs et rue Saint-Dominique, de deux points de vente à Tokyo et venons d'ouvrir une boutique à Dubaï », développe Makoto Ishii. De quoi alimenter les carnets de commande de Landévant, sous la houlette de Julien Gouzien, maître chocolatier, de deux chocolatiers, d'un caramélier, et de quatre agents de conditionnement. Sur l'ensemble des sites, 23 salariés oeuvrent autour d'un crédo : privilégier la qualité et l'innovation. « Nous ne sommes pas axés sur le volume. »

Influence nippone et bretonne

Dernière réalisation en date, le coffret "Voyage au Japon" à l'image de la récente boutique rue Saint-Dominique, allie influences nippones et bretonnes. "Voyage au Japon", c'est 15 bonbons dont 3 créations automne 2016 (dont un praliné de Hojicha au zeste de citron, un thé vert grillé, de la Ganache lactée d'orge japonais ou encore une Ganache au thé matcha sur socle de pâte de fruit à la framboise). Il y a eu avant cela "Voyage à Cuba", "Voyage en Italie". L'opéra, la musique ont également inspiré des réalisations. « On aime faire évoluer notre esthétique. » Il en va de même des boutiques : celle de Saint-Dominique rompt avec les lignes graphiques de ses grandes soeurs et renoue avec la nature. Réalisée par un architecte japonais, elle invite à la Bretagne : « Il a fait venir du sable de Quiberon, du bois flotté récupéré sur la côte Atlantique. Nous sommes très attachés à la Bretagne », poursuit Makoto Ishii qui reconnaît des similitudes avec le Japon et un sens du travail bien fait. « Le niveau du haut de gamme breton est plus proche des standards japonais » alors qu'il ne cache pas une légère déception dans ce qu'il a pu observer à Paris, à son arrivée en France. « Nos clients viennent par plaisir, pas par nécessité quotidienne. Il ne faut pas rester sur ses acquis et relever le niveau. Il faut veiller à une stricte maîtrise de la conservation, surtout pour le chocolat. Dans l'industrie, il peut tenir trois mois, chez nous trois semaines, quatre pour le caramel. Nos produits sont bien sûr acheminés par avion. » Si l'essentiel des débouchés est assuré par les magasins, l'hôtellerie-restauration haut de gamme est une cible toute désignée, à l'instar de l'hôtel Square Louvois****.

Les quarante ans en 2017

En 2017, la Maison fêtera ses 40 ans. Pour l'occasion, le chocolatier doit réaliser une collaboration unique avec la Maison de teinture Chiso, fondée en 1555. Le motif floral de "Voyage au Japon" est inspiré de la teinture Yuzen-zomé, consistant à tracer les contours des motifs par des lignes de l'épaisseur d'un fil, au moyen d'une pâte amidonnée imperméable à la teinture. Ils ornent les vêtements traditionnels nippons. Les colombages stylisés évoquent quant à eux les maisons de Bretagne. L'avenir, Makoto Ishii ne le voit pas autrement que dans la poursuite de la création, et le développement mesuré à l'international. Un troisième point de vente doit ouvrir en 2017 à Tokyo. « En France, nous préférons nous centrer sur Paris et la Bretagne et travaillons à consolider la marque. »

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