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Le champion automobile pilote aussi son entreprise vers le succès
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Le champion automobile pilote aussi son entreprise vers le succès

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Pilote de haut niveau, Benjamin Lariche vient de remporter le championnat d’Europe de course automobile, catégorie GT4. En parallèle, il s’est lancé dans l’entrepreneuriat depuis 2014. Il a créé la marque de salles de sport One Fitness Club. Avec 14 sites, l’entreprise s’ouvre désormais à la franchise pour atteindre 130 clubs d’ici 2029.

Benjamin Lariche et son partenaire Robert Consani sont devenus champions d'Europe de GT4 le 31 août — Photo : PRO-PHOTOS-SPORT.COM - D.DELIEN

La consécration est arrivée les 30 et 31 août en Allemagne : Benjamin Lariche et son coéquipier sont devenus champions d’Europe de course automobile, catégorie GT4. De retour en France, "je n’ai même pas eu le temps de savourer", confie-t-il. Il est reparti pied au plancher. Car Benjamin Lariche est un chef d’entreprise, et son groupe, qui occupe aujourd’hui 200 collaborateurs, s’apprête à vivre un tournant important : sous la marque One Fitness Club, ses salles de sport s’ouvrent à la franchise. Quinze contrats sont signés. Après avoir mis sur pied une formation initiale pour les futurs franchisés, il bâtit une structure de formation continue, d’animation du réseau et il crée une centrale d’achat. "Cela prend énormément d’énergie, jusque dans nos rêves".

La double vie de Benjamin

Cette double vie est techniquement possible parce que le championnat de GT4 ne compte que douze courses sur six week-ends dans l’année. "C’est un sport très réglementé, parce qu’il coûte cher, mobilise des équipes, du matériel. Les compétitions ne sont pas si nombreuses ; je n’ai pas besoin de m’entraîner 4 à 5 heures par jour, comme un tennisman. Je cours tous les jours pour me maintenir en forme et je capitalise sur mon expérience". Benjamin Lariche affiche 270 courses au compteur en 19 saisons.

Seulement 70 pilotes professionnels dans le monde

Il a démarré la pratique tardivement, à 14 ans en 2003, mais a vite progressé, au point d’intégrer le Pôle Espoir France au Mans (Sarthe) au bout de trois ans. Après son bac, il court dans le championnat Formule Renault, puis en F2. Sur les circuits, ses adversaires sont de futurs grands noms de la F1 : Grosjean, Ricciardio, Bottas, Bianchi. Le natif de Narbonne (Aude) bifurque en 2017 sur les circuits GT4. "Le GT4 est un peu la deuxième division de la GT3, la catégorie reine", explique-t-il. Les trompettes de la renommée se sont éloignées et surtout la perspective d’un contrat professionnel. "C’est un milieu élitiste. Dans le monde, on ne compte que 70 pilotes professionnels payés directement par les constructeurs".

"J’ai eu la même approche dans l’entreprise que dans le sport, celle de vouloir gagner, d’être le premier."

"À 25 ans, je voyais que la fenêtre pour devenir pilote professionnel serait compliquée à atteindre", raconte-t-il. "C’est pourquoi j’ai lancé mon projet entrepreneurial. J’étais bloqué, je le vivais comme un échec, j’ai pris une autre voie pour m’accomplir." À cette époque, son père et son meilleur ami se trouvent à gérer chacun une salle de sport Fitness Park. Une coïncidence. "J’ai vu les deux modèles, et au-delà du fitness, la rencontre avec le marché et l’entreprise, m’ont passionné. J’aime la sensation d’être maître de soi-même, responsable de ses erreurs comme de ses succès, d’aller chercher la performance. Je n’ai pas suivi d’école de commerce, j’étais formaté par le sport, mais j’ai eu la même approche dans l’entreprise que dans le sport, celle de vouloir gagner, d’être le premier."

Les limites du fitness classique

Convaincu, il ouvre une salle Fitness Park en franchise à Aix-en-Provence en septembre 2014, avec l’aide de ses parents et de sa sœur. Le succès est au rendez-vous. Très vite, il fait deux constats qui le conduisent à imaginer un nouveau modèle. D’abord, 80 % des clients étaient des hommes jeunes, un public pas assez large à son goût. Et en 2015, il voit arriver le "rouleau compresseur" Basic Fit, marque low cost avec un objectif de mille centres. Là encore, "il fallait trouver une autre voie".

L’OM comme modèle

Il invente le concept qui va faire sa réputation : One Fitness Club s’ouvre à tous les publics et s’en donne les moyens. La notion de club prime, "parce que nous ne sommes pas un parc de machines en libre-service. Il y a l’idée de partager un socle commun. Venez, peu importe la raison", décrit ce fan de l’OM qui aime trouver dans le public du stade Vélodrome des jeunes, des familles, ou des businessmen. "J’ai voulu reproduire cela".

Les One Fitness Club se sont ouverts au public sportif comme aux néophytes — Photo : One fitness club

En octobre 2016, le premier club voit le jour à Strasbourg, la clause de non-concurrence empêchant d’ouvrir à Aix. Le lieu compte trois espaces distincts répondant à trois motivations des pratiquants : l’un pour les personnes plus âgées ou débutantes, avec un accompagnement ; un autre dédié aux jeunes hommes et femmes en quête de performance ; et un dernier orienté Divertissement, avec des cours de zumba, RPM (vélo), etc. Pour chaque espace, un décor adapté, avec ambiance sonore et lumineuse. Les performeurs baignent dans un éclairage rouge, "très instagrammable".

1,5 million d’euros de chiffre d’affaires par club

Neuf ans plus tard, on dénombre 14 One Fitness Club, employant 150 salariés (200 collaborateurs avec les contractuels extérieurs) pour un chiffre d'affaires consolidé de 18 millions d'euros. Ils affichent 55 000 adhérents, dont 49 % de femmes. "Nous avons réussi la mixité parfaite", se réjouit le dirigeant. Chaque club nécessite 2 millions d’euros d’investissement, et rapporte en moyenne 1,5 million de chiffre d’affaires annuel, avec 3 800 clients. Le groupe a été monté sur fonds propres et emprunts bancaires. La holding réunit trois entités : celle dirigée par Benjamin Lariche, une autre par son père à La Réunion, et une dernière par son beau-frère en Alsace. "Nous fonctionnons déjà comme des franchisés vis-à-vis de la holding".

Les quatorze One Fitness Club affichent 55 000 adhérents, dont 49 % de femmes — Photo : One fitness club

Quinze futurs franchisés

Maintenant que le modèle est validé, la marque s’ouvre à la franchise. Après un premier salon de la franchise en mars 2025, quinze contrats ont été signés. Le groupe cible la région parisienne et les métropoles, parce que le concept nécessite une grande surface (1 600 m2 minimum) et de gros investissements, soit un club pour 85 000 habitants. Néanmoins, malgré ses critères élevés, l’entrepreneur espère atteindre 130 clubs d’ici 2029.

Comme en course, ne rien lâcher

Benjamin Lariche a mis ses qualités de pilote au service de son projet. "Sur le circuit, il faut être lucide pour faire preuve d’une grande capacité d’analyse et de décision à 300 km/h. Ensuite, j’ai appris à fédérer les équipes, parce qu’on ne devient pas champion sans les mécanos". Il pointe aussi sa "capacité de résilience", qui conduit à comprendre le pourquoi des succès et surtout des échecs. Et l’abnégation : "Pendant le Covid, je n’ai rien lâché, du 1er janvier au 31 décembre, comme en course, du premier au dernier tour". Pour son entreprise, le sprinter a su trouver les ressources pour devenir marathonien.

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