Le ?booster? des aides d'État
# BTP # Conjoncture

Le ?booster? des aides d'État





Le secteur du BTP étant fortement soutenu par la construction de logements en Rhône-Alpes, les aides gouvernementales constituent un levier pour tout le secteur. Le point avec Laurent Escobar, directeur associé de l'agence lyonnaise d'études immobilières Adéquation.


Quelle est la situation en Rhône-Alpes en termes de construction de logements?

Deux indicateurs sont à étudier: les logements autorisés et les logements commencés. En 2009, 40.300 logements ont été mis en chantier en Rhône-Alpes. Sur les neuf premiers mois de 2010, on constate une baisse de l'ordre de 9% qui devrait se maintenir pour la fin de l'année. C'est le reflet de la prudence des investisseurs et de la non-visibilité des promoteurs qui n'engagent pas de nouveaux programmes. Un point positif à noter: les mises en vente ont redémarré aux 3e et au 4e trimestres 2009, ce qui va faire revenir des fonds propres. Deuxième indicateur: les permis de construire qui permettent de se projeter. En 2009, en Rhône-Alpes, 45.000 ont été délivrés. On constate une hausse de près de 30% sur les neuf premiers mois de 2010. Si cette tendance se confirme, près de 57.700 permis de construire pourraient être donnés. Au regard des données de 2010, 2011 sera une année plus forte.


Ces données sont-elles en accord avec les besoins réels du marché?

Les besoins en Rhône-Alpes sont estimés à environ 47.000 logements par an. Les mises en chantier annoncées pour 2010 devraient permettre de rattraper un peu le retard des trois années précédentes. Si pendant deux ans, on est un peu au-dessus, c'est plutôt bien pour toute l'économie.


Quelles sont les particularités du territoire?

Du fait de son caractère urbain, la région a besoin de 10% de plus de logements collectifs que la moyenne nationale.


Quel est l'impact des aides gouvernementales sur la construction de logements neufs?

Elles sont déterminantes et constituent un booster pour le volume. En Rhône-Alpes, en 2009, 14.200 logements sociaux ont été financés par l'État, les collectivités et les fonds propres des bailleurs sociaux. Les aides vont être divisées par deux en trois ans. En Rhône-Alpes, les zones C, les zones rurales, seront plus touchées alors que ce n'est déjà pas facile de faire du logement social hors agglomérations. Concernant le logement privé, la loi Scellier va voir ses avantages fiscaux passer de 25% à 22,5% en 2011, et à 17% en 2012. Enfin, la refonte du prêt à taux zéro, du pass foncier et du remboursement des intérêts d'emprunt dans un seul dispositif, le PTZ+, va permettre de s'adresser à un plus grand nombre de personnes. Par contre, sur de grandes agglomérations, comme Lyon ou Grenoble où les prix sont élevés, ce PTZ+aura un impact limité pour les classes moyennes. Les professionnels sont mitigés sur cette réforme.


Les volumes semblent être portés par les primes. Comment, en local, jouer sur les mises en construction?

Les collectivités locales ont deux leviers. Améliorer le système des primes, comme ce qui avait été fait avec le pass foncier pour proposer des mesures locales complémentaires. Et agir sur l'urbanisme avec les PLU et les Scot pour débloquer du foncier. Les collectivités doivent se mettre en situation pour préparer leur territoire et favoriser les projets en lien avec les mesures fiscales proposées au niveau national.

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