Dans le transport, l'heure est au développement des solutions multimodales. Alors que les grandes lignes maritimes océaniques desservent les principaux bassins mondiaux de production et de population, les flux sont éclatés au sein de hubs portuaires, à partir desquels les cargaisons sont soit distribuées, soit transbordées sur des caboteurs assurant la desserte des ports secondaires. Pour le pré et le post-acheminement, la marchandise part ou arrive par camion, train ou voie fluviale, les derniers kilomètres étant quasi systématiquement confiés aux transporteurs routiers. Dans cette perspective, les ports se sont dotés de vastes plateformes logistiques où les cargaisons, par exemple en conteneurs, sont identifiées, contrôlées, aiguillées et distribuées. Depuis les grands ports, le réseau ferré français, sur lequel les services se multiplient avec l'arrivée d'opérateurs spécialisés, permet d'atteindre l'intérieur des terres et même d'offrir des liaisons avec d'autres pays européens.
Fluvial: service fiable et régulier
Le recours au mode fluvial est, lui aussi, de plus en plus prisé car il offre un service fiable et régulier, tout en permettant, comme le ferroviaire, d'éviter les congestions routières et de réduire les émissions polluantes en diminuant le nombre de camions en circulation. C'est aussi un prolongement naturel vers le coeur des terres. L'an dernier, 28millions de tonnes de marchandises, en import et en export, ont transité par les fleuves hexagonaux, la France comptant 8.000 kilomètres de voies navigables. Les deux axes majeurs sont le Rhône, qui permet depuis Marseille de desservir le couloir rhodanien, la Suisse et l'Allemagne; ainsi que la Seine, offrant des liaisons directes entre LeHavre, Rouen et les ports fluviaux de la région parisienne, comme Gennevilliers et Bonneuil-sur-Marne. Les connexions avec d'autres fleuves permettent d'atteindre des régions situées loin dans les terres. Ainsi, une plateforme a récemment été créée à Gron, dans l'Yonne, où un service mixte pour les conteneurs et colis lourds permet d'atteindre LeHavre deux fois par semaine.
Projets de liaisons
L'objectif est désormais d'améliorer le maillage fluvial afin de permettre à un maximum de territoires de développer leur activité économique en bénéficiant d'une prise directe avec le réseau portuaire. Il est ainsi prévu de relier la Moselle, la Saône et le Rhin avec un accès à la Méditerranée. Le grand projet Seine Nord Europe va quant à lui voir la construction d'un canal de 106 kilomètres entre Compiègne et Cambrai, afin de relier l'Oise et l'Escaut, avec leurs ramifications vers Paris, Dunkerque, le Benelux et l'Allemagne. À l'horizon 2020, ce canal permettra de transporter jusqu'à 15millions de tonnes de marchandises, soit l'équivalent de 500.000poids lourds par an sur l'un des corridors de transit les plus empruntés d'Europe. Le canal doit être jalonné de plateformes tri-modales (fleuve, rail, route) à Noyonnais et Nesle, dans l'Oise, Péronne dans la Somme et Marquion dans le Pas-de-Calais.
Depuis les grands ports, le réseau ferré français, sur lequel les services se multiplient avec l'arrivée d'opérateurs spécialisés, permet d'atteindre l'intérieur des terres. Mais face au fer, le fluvial n'est pas en reste.