Le 25 juin 2024, le tribunal de Paris désignait Maash comme "repreneur des actifs et des activités" de Metex Noovista, filiale de la biotech clermontoise Metabolic Explorer, qui exploite un site industriel à Carling en Moselle. Pour la start-up belge spécialisée dans la bio-industrie alimentaire et qui comptait alors 5 salariés, l’objectif est d’implanter sur l’ancien site Metex une usine de mycoprotéines, c'est-à-dire de protéines de champignons, à l'échelle industrielle. "Grâce à l’expertise de son PDG, Frédéric Van Gansberghe, dans l’industrie de la fermentation et la chimie verte, Maash est confiante d’amener rapidement le site à l’équilibre et d’en faire un leader européen de la mycoprotéine", espère l’entreprise dans un communiqué.
Une alternative aux protéines animales
L’objectif de Maash est d’offrir une alternative à faible empreinte carbone aux protéines animales traditionnelles. L’usine de l’entreprise produira du LoCyLiaTM. Il s’agit d’une mycoprotéine de haute qualité, produite par le procédé de fermentation de Maash. "Parmi les protéines alternatives, LoCyLiaTM représente un substitut nutritif supérieur aux protéines végétales et d’insectes, fournissant tous les acides aminés essentiels", explique Maash.
Atteindre la rentabilité en 2027
Après la reprise, les équipes de Maash ont intégré 10 salariés de l’ancien Metex Noovista, sur les 46 emplois que l’entreprise totalisait. "Début juillet, nous avons commencé à former l’équipe à nos principes de fermentation, qui sont un peu différents de ceux de Metex", lance Gaspard Gilbert, cofondateur de la start-up. Dès la deuxième semaine de juillet, "nous avons lancé la petite fermentation", poursuit-il.
Par la suite, des travaux d’ingénierie, d’ajustement et d’ajouts d’équipements devraient être réalisés pour adapter le site d’ici fin 2025. Cette étape devrait permettre à l’entreprise d’atteindre les 1 500 tonnes de mycoprotéines produites par an en 2026. "L’objectif est d’atteindre la rentabilité théorique de la société courant 2027", estime le cofondateur, qui préfère ne pas s'avancer sur des prévisions de chiffre d'affaires à ce stade.
Un objectif de 70 000 tonnes par an à terme
"La société espère rapidement modifier les installations pour passer en phase industrielle avec une première capacité projetée de 10 000 tonnes par an", chiffre l’entreprise. Une nouvelle tranche d’adaptation des locaux devrait dès lors être engagée courant 2027, pour atteindre cet objectif en 2029-2030.
Une fois cette première phase industrielle réalisée, Maash envisage une extension de deux lignes de production supplémentaires de 30 000 tonnes chacune. Cette opération permettrait à l’entreprise d’atteindre les 70 000 tonnes de mycoprotéines produites par an. "Il y a du foncier disponible", précise Gaspard Gilbert.
Plusieurs étapes pour atteindre l’échelle industrielle
Pour atteindre ces objectifs, Maash s’appuiera notamment sur des embauches. L’entreprise compte actuellement 11 salariés en France. "D’ici 2025, ils devraient y en avoir 20, puis 40 fin 2027", continue le cofondateur.
"Pour atteindre les 10 000 tonnes de mycoprotéines produites par an, il faudrait lever 20 millions d’euros", ajoute-t-il. Une première levée devrait avoir lieu fin 2024 pour permettre à l’entreprise d’atteindre les 1 500 tonnes produites par an. Puis, une seconde devrait suivre courant 2026 pour passer à 10 000 tonnes par an.