L'avenir de Petroplus se joue ailleurs
# Conjoncture

L'avenir de Petroplus se joue ailleurs

Le sympathique défilé des candidats à l'élection présidentielle devant les grilles de Petroplus à Petit-Couronne n'y changera rien. Les élus de tous bords restent démunis face aux évolutions d'un marché mondial, celui du raffinage en l'occurrence, qui met gravement en évidence les choix fait depuis des décennies par les pétroliers dans la région et en France en général. Les Français et les Européens consomment du diesel. Qu'à cela ne tienne, nos raffineries produiront de l'essence! Ajoutez à cela la baisse continue de la consommation depuis 2008 et vous obtenez un secteur en crise! Pour Petroplus, les difficultés ne datent pas d'hier. En repassant le bébé au groupe helvétique en 2008, le Britannique Shell expliquait vouloir «améliorer (son) adéquation au marché européen et maintenir un niveau de rentabilité»! Difficile d'imaginer que le groupe pétrolier ait alors accepté de se séparer d'un fleuron plein de promesses... Petroplus, raffineur mais pas producteur, paye aujourd'hui le prix de ses difficultés à s'approvisionner à l'heure où les principaux groupes pétroliers mondiaux annoncent des investissements dans les pays émergents, au plus près des nouveaux bassins de consommation. Les fermetures de raffineries européennes seraient donc plus conjoncturelles que prémonitoires, n'en déplaise aux prophètes de l'après-pétrole. Véritable rite initiatique électoral, le passage sous les fourches Caudines de l'intersyndicale CGT, CFDT, CFE-CGC aura au final permis à certains candidats de faire revivre un instant l'idée d'un État interventionniste se faisant raffineur, comme il fut banquier ou même fabricant de véhicules automobiles. Autant de promesses qui ne risquent guère de faire avancer la cause des 550 salariés du site.



Guillaume Ducable @email

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