C
omment se situe le moral des entrepreneurs?
Il est difficile de ne pas parler d'inquiétudes. Le taux de chômage progresse an Aquitaine, les carnets de commandes se réduisent, les performances à l'international s'effritent, les chiffres de la création d'entreprises stagnent... Par ailleurs, les incursions des entreprises ibériques sont de plus en plus nombreuses dans le secteur du BTP et compliquent la donne pour les entreprises de cette filière.
Comment envisagez-vous la situation économique de notre région en 2013?
La croissance ne se décrète pas. Et sans jouer les cassandres, on peut prévoir qu'elle ne sera pas au rendez-vous. 2013 est déjà plombée.
Quels conseils apporter aux entrepreneurs?
Avant tout des conseils de prudence. Il faut éviter la fuite en avant. Il faut aussi utiliser les vieilles recettes de bon sens: privilégier le contact avec ses clients et fournisseurs, et faire du social avec ses collaborateurs. Le tissu de PME a besoin de se rassurer. Pour cela, il n'y a pas mieux que les réseaux et les clubs d'entreprises. Il faut aussi se méfier des discours convenus. L'innovation, certes, est indispensable, mais avec quel financement? Attendons de voir quel sera le rôle de la Banque publique d'investissement et de quels moyens elle disposera. Des conseils évidents méritent aussi d'être rappelés. Il existe des dispositifs d'aide pour les entreprises, et il ne faut pas hésiter à les utiliser. Le réseau consulaire, notamment, continuera à soutenir les entreprises.
Dans ce contexte morse, de quels atouts dispose l'Aquitaine?
Les atouts sont considérables, et ils méritent d'être rappelés. En premier lieu, nous disposons d'une économie diversifiée: agroalimentaire, tourisme, chimie, ASD (aéronautique spatial défense)... Ensuite, nous profitons d'une attractivité réelle, grâce à notre très bonne qualité de vie et à des espaces d'accueil loin d'être saturés. Enfin, nous disposons de nombreuses compétences, grâce à nos universités et écoles.
Redoutez-vous que la crise oblige les collectivités à revoir certains grands projets d'investissement?
Je ne suis pas choqué que les collectivités locales réexaminent leurs projets dans un contexte budgétaire tendu. Nous n'avons rien à envier à la situation des régions espagnoles. En ce qui concerne les futurs arbitrages des collectivités et de l'État, je souhaite avant tout qu'ils ne remettent pas en cause les grands projets structurants pour l'Aquitaine.
Vous pensez au prolongement de la ligne à grande vitesse vers le Pays Basque?
Dans une conjoncture aussi morose, il y a encore des groupuscules qui essayent par tous les moyens de faire capoter les projets structurants de notre territoire. C'est gravissime. Et cela manifeste un individualisme très fort, pour ne pas dire plus. Compte tenu de la situation économique actuelle, ces comportements irresponsables, le monde économique ne peut plus les supporter.
Interview Pour Laurent Courbu, le président de la Chambre de commerce et d'industrie régionale, 2013 s'annonce très difficile. Mais l'Aquitaine dispose d'atouts.