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"L’arrêt de MaPrimeRénov est un coup de massue"
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Adrien Dessailly président de la Capeb Loire "L’arrêt de MaPrimeRénov est un coup de massue"

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Face à la suspension brutale de MaPrimeRénov', la Capeb Loire monte au créneau. Adrien Dessailly, son président, alerte sur les conséquences immédiates pour les artisans du bâtiment et appelle le gouvernement à réagir pour préserver l’activité du secteur.

Adrien Dessailly, président de la Capeb Loire — Photo : DR

Quelle a été votre première réaction à l’annonce brutale de la suspension de MaPrimeRénov' ?

C’est la stupéfaction, c’est un véritable coup de massue. On n’envisageait pas que MaPrimeRénov soit stoppée en milieu d’année. L’explication donnée est que l’enveloppe budgétaire a été trop rapidement consommée — 1,9 milliard d’euros sur 3,4 en seulement quatre mois. Pourtant, chaque euro investi par l’État via ce dispositif génère entre 3 et 4 euros de recettes (TVA, impôts, cotisations). Il s’agit d’une aide destinée aux particuliers, pas aux entreprises. Nous devons en informer nos adhérents, mais aussi leurs clients. Nous espérons qu’il ne s’agit que d’une suspension estivale et que le dispositif reprendra en septembre… sans aucune certitude à ce stade.

Quelles conséquences immédiates cette suspension a-t-elle pour les artisans du bâtiment dans la Loire ?

En théorie, tous les dossiers déposés avant le 1er juillet devraient être intégrés et pris en compte dans l’enveloppe. Mais cette annonce génère une incertitude qui impacte directement les carnets de commandes des artisans.

La Capeb parle d’une décision prise "sans concertation" : avez-vous eu des échanges avec le gouvernement avant cette annonce ?

Non, c’est le problème avec ce gouvernement. Toutes les décisions relatives à notre secteur, à nos métiers, sont prises sans nous concerter et sans échanges préalables. Nous sommes toujours obligés de monter au créneau.

Le gouvernement évoque la lutte contre la fraude et la nécessité de mieux cibler les aides. Partagez-vous ce constat ?

Le gouvernement favorise la rénovation globale, là où nous défendons le geste par geste (le découpage des travaux entre chaque artisan spécialisé dans son domaine). Ce modèle permet à chaque artisan de faire son travail, dans son domaine de compétence. Dans la Loire, ces derniers mois, les dossiers de rénovation globale ont explosé, mais cela ne doit pas se faire au détriment du mono-geste, qui reste essentiel.

Quelles mesures immédiates attendez-vous du gouvernement ?

Nous demandons que MaPrimeRénov' ne soit pas suspendue. Une suspension, c’est une mise à l’arrêt de l’activité. Même si les effets ne sont pas immédiats, l’impact sera brutal à la rentrée, en septembre-octobre. Or, l’activité est déjà fragile : -4 % en 2024 et -6 % au premier semestre 2025.

Quel message adressez-vous aux artisans aujourd’hui fragilisés ?

Nous faisons tout pour que les pouvoirs publics prennent conscience des conséquences de décisions prises à la légère. En tant que syndicat, nous serons présents à leurs côtés. Un premier courrier partira à tous les parlementaires (sénateurs, députés, maires, etc.) pour faire remonter notre alerte et entendre nos voix. Si cela ne suffit pas, nous passerons à l’action, nous irons manifester. Nous ne lâcherons rien : il en va de la survie de nos entreprises !

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