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L’application collaborative Zzzapp entend lutter contre le moustique tigre
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L’application collaborative Zzzapp entend lutter contre le moustique tigre

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La start-up Zzzapp vient de lancer une application de mobilisation collective destinée à se protéger contre le moustique tigre. Fonctionnant sur abonnement annuel auprès des collectivités cette plateforme collaborative, dont les habitants de la commune abonnée obtiennent ensuite un accès premium gratuit, vise un chiffre d’affaires de 100 000 euros cette année.

L’application Zzzapp lancée par Olivier Althuser permet aux communes d’avoir un outil pour engager les citoyens dans la lutte contre la prolifération du moustique tigre et de collecter et mesurer les résultats de cet engagement — Photo : ZZZAPP

Le créateur

Diplômé de l’école d’ingénieur Grenoble INP, Olivier Althuser a toujours travaillé dans la conduite du changement, son sujet de prédilection depuis le début de sa carrière. Après avoir été directeur de l’innovation au sein de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry puis directeur de CoopVenture, une société de financement de start-up éthiques, le Grenoblois, qui est également conseiller municipal de la ville de Voreppe, décide de monter son entreprise de mobilisation citoyenne contre la prolifération du moustique tigre. "Au sein de la mairie, je suis notamment responsable de la préservation de la biodiversité. Lorsque les moustiques tigres sont arrivés massivement en Isère en 2019, nous avons rapidement dû nous atteler au sujet", explique l’élu. "Or, la seule chose que nous pouvions faire à l’époque était d’animer des réunions publiques pour informer les gens et faire de la pédagogie sur la façon de lutter contre cette espèce. Je me suis rapidement rendu compte qu’il fallait mettre du digital là-dedans pour que notre action soit plus efficace".

Le concept

Fondée en 2023, sa start-up Zzzapp propose donc aux communes et collectivités une application mobile pour engager, collecter les données et mesurer les résultats de la mobilisation des citoyens. En effet, contrairement aux moustiques autochtones, pour lesquels il suffit d’agir par traitement sur les zones marécageuses d’eaux stagnantes et où il n’y a nul besoin de demander la participation de la population, le contrôle du moustique tigre est bien plus coriace. Celui-ci se reproduit dans les jardins des habitations et ne se déplace pas à plus de 100 mètres de son lieu d’habitation. C’est donc uniquement grâce à la participation collaborative et durable de la population qu’on peut espérer limiter leur impact sur la vie sociale, le tourisme et l’immobilier dans un quartier. "Quand tous les habitants d’une zone de 100 mètres de rayon utilisent Zzzapp, la nuisance ressentie est en moyenne diminuée de 80 % ", précise Olivier Althuser. Après 2 ans de R & D, la dernière version de l’application sortie en mai 2024 permet ainsi le suivi en temps réel de l’engagement citoyen, propose des actions personnalisées et donne immédiatement à l’utilisateur l’état de protection de son domicile et de son quartier.

Les perspectives

En moins d’un an, Zzzapp a déjà présenté son dispositif à 180 communes à travers la France, et trois communes l’ont adopté l’an dernier, moyennant un système d’abonnement annuel avec un tarif dégressif selon le nombre d’habitants. De grandes villes telles que Toulouse et Hyères sont en train de tester l’application auprès de leurs habitants. Avec 2 millions de fonctionnaires animant le quotidien des 68 millions d’habitants en France, et un marché du conseil aux collectivités évalué à 600 millions d’euros en 2021, Zzzapp se positionne comme une réponse d’avenir pour répondre aux défis contemporains des collectivités. L’outil pourrait à terme être utile à tous les sujets d’engagement citoyen. Un potentiel de déploiement ambitieux, incubé au Tarmac et en cours d’accompagnement par Réseau Entreprendre Isère, qui devrait lui permettre de recevoir un prêt donneur dès cette année. "Pour l’instant l’entreprise a été financée en fonds propres. Nous ferons une levée de fonds au moment de notre déploiement à l’international et si jamais nous déployons notre application sur d’autres sujets que le moustique", explique encore le fondateur. L’entreprise vise un chiffre d’affaires de 100 000 euros pour cette année ainsi qu’une vingtaine de clients.

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