En avril 2024, les clubs de basket d’Andrézieux-Bouthéon et Saint-Chamond décidaient de s’unir pour donner naissance au SCABB (Saint-Chamond Andrézieux-Bouthéon Basket). Un an plus tard, le club présidé par David Despinasse — propriétaire avec son frère Laurent du réseau de boucherie traditionnelle Despi, de l’enseigne de restauration rapide Brut Butcher et du groupe hôtelier Destel — a présenté son projet pour monter en Betclic élite (ex-Pro A). Un projet qui repose sur une large diversification des activités commerciales de l’actuel pensionnaire de Pro B.
Passer de 4,5 à 8 millions d’euros de budget
"En football, quand vous montez à l’étage supérieur, vous obtenez des aides de la fédération. Vous pouvez aussi vous appuyer sur des transferts de joueurs. En basket, ce n’est pas le cas. L’idée est donc de diversifier nos activités commerciales pour ne pas avoir toujours un déficit structurel avec des actionnaires qui remettent chaque année au pot", explique Fabrice Flotte, qui a pris la direction générale de la SAS SCABB en septembre dernier. L’objectif est "d’atteindre un budget qui oscille entre 7,5 et 8 millions d’euros sous 5 ans, sachant que l’on espère monter sous trois ans et que notre budget l’an prochain sera entre 4,5 et 5 millions d’euros", précise celui qui a occupé le poste de directeur général de l’Andrézieux-Bouthéon Football Club de 2013 à 2020.
L’exemple lyonnais
Pour atteindre ce budget sensiblement supérieur au budget médian des clubs de l’élite (6,5 M€ d’euros), Fabrice Flotte va piloter le projet "Union sacrée". Un projet qui prévoit un important volet infrastructures. "Nous avons visité le centre de formation de l’OL, les installations du LOU Rugby (Lyon olympique universitaire rugby, NDLR) et cela nous a confortés dans l’idée de favoriser une unité de lieu en travaillant autour de notre salle, l’Arena Saint-Etienne Métropole. Pour l’heure, nous sommes installés sur trois lieux : le palais des sports d’Andrézieux, l’Arena et des bureaux situés au rond-point Auguste-Colonna à Andrézieux", explique le directeur général.
Un siège social et des équipements ouverts sur l’extérieur
Désireux de rassembler les 45 salariés du club (23 dans la SAS et 12 dans l’association) sur un seul et même site, le SCABB projette donc de construire à proximité de l’Arena un siège administratif et social de 1 000 m². Ce siège devrait comprendre "une salle de réunion et peut-être un petit amphithéâtre que l’on proposera en location à des entreprises pour des séminaires". Le SCABB projette également de construire un centre de formation avec une vingtaine de chambres et aussi des dortoirs. "Pourquoi des dortoirs ? Car les jeunes du centre seront là 10 mois dans l’année mais il faut que l’équipement puisse vivre l’été en organisant de camps d’été ou en accueillant des équipes nationales pour des stages", développe Fabrice Flotte.
Une salle de musculation et de sport "pour le centre de formation mais ouverte aussi au grand public" devrait aussi voir le jour. Ainsi qu’une brasserie de 200 couverts, "là aussi à double usage, puisqu’elle servira de cantine pour les joueurs et le staff et sera aussi ouverte au grand public du temps de midi et en mode fan zone, pour les avants et après-match", détaille le directeur général.
Un hôtel et une zone de loisirs
Baptisé SCABB Valley, un nom qui rappelle le concept précurseur du voisin lyonnais OL Vallée, ce projet sur 20 000 m² de terrain , porté par David Despinasse, prévoit aussi la création d’un hôtel 3 étoiles de 70 chambres avec des salles de réunion "pour répondre aux besoins identifiés sur la Vallée du Gier" et "commercialiser des produits match avec hôtel et séminaires et match".
"Le permis de construire a été déposé en février et les discussions avancent pour le futur gestionnaire. Les travaux pourraient démarrer d’ici la fin de l’année", confie Fabrice Flotte. Selon nos informations, il pourrait s’agir de l’enseigne Ibis Style du groupe Accor.
SCABB Valley prévoit également la création d’un pôle médical axé sur la réathlétisation des sportifs et une base de loisirs de 2 500 m². "Nous ne sommes pas encore arrêtés sur les activités que l’on pourrait proposer mais l’idée est de dynamiser la zone autour de l’Arena en créant des flux. Mais cela se fera peut-être dans un second temps. On n’a pas de timing", prévient Fabrice Flotte.
Des terrains à acquérir
Et pour cause, si David Despinasse (qui détient 80 % de la SAS SCABB) prévoit de financer l’ensemble du projet SCABB Valley sur ses deniers personnels, les terrains, propriétés de Saint-Etienne Métropole, restent encore à acquérir.
"C’est une chance pour le club et pour le territoire d’avoir un actionnaire qui finance un tel projet sans demander l’aide financière des collectivités. Cette diversification d’activités aura un impact pour le club puisque l’ensemble des loyers, et pas seulement les excédents du résultat d’exploitation, iront dans les caisses du SCABB. Mais aussi pour le territoire puisque toutes les activités qui verront le jour vont créer des emplois", argumente Fabrice Flotte.
Pour l’heure, le montant de l’ensemble du projet, dessiné par le cabinet d’architecte Cimaise, n’a pas été dévoilé. Selon nos informations, il devrait osciller a minima entre 15 et 20 millions d'euros. "Ce n’est que l’un des volets de notre plan", assure Fabrice Flotte, qui planche en parallèle sur la professionnalisation des services et sur l’augmentation des revenus liés aux hospitalités.
Une offre hospitalités repensée
En ligne de mire, la création d’un carré présidentiel et un projet d’agrandissement, à l’étude, du salon du deuxième étage de l’Arena. "Ce salon d’une capacité de 170 personnes dispose d’une grande terrasse sous utilisée. L’idée serait de réduire la capacité de la terrasse pour récupérer une centaine de places supplémentaires en améliorant aussi le mobilier de manière à rendre le salon plus confortable et chaleureux", confie Fabrice Flotte.
Pour l’heure, l’Arena Saint-Etienne Métropole est en capacité d’accueillir 1 100 places VIP. "On souhaiterait arriver à 1 200 voire 1 250 places maximum. On ne veut pas aller au-delà car on souhaite conserver une clientèle familiale mais comme on n’a pas de droits TV dans le basket, on se doit d’avoir une vraie stratégie B to B", argumente le directeur général.
Dans cette optique, l’équipe commerciale du SCABB travaille à la mise en place d’une "nouvelle politique tarifaire, cohérente avec la prestation fournie". "Aujourd’hui, on a des salons qui proposent des prix similaires avec des prestations pourtant différentes. L’idée n’est pas d’augmenter les tarifs pour se faire plaisir mais avoir une équité. On y travaille pour la saison prochaine", conclut Fabrice Flotte.