La société Ciel d’Azur Labs (30 salariés, 5,5 millions d’euros de CA), basée à Mane en Provence, positionnée dans la fabrication de cosmétiques et de compléments alimentaires, devrait refaire son bilan carbone (sur les scopes 1, 2 et 3) durant le premier semestre 2025 et ainsi à nouveau prouver qu’elle a un impact positif sur l’environnement en termes d’émissions de carbone.
L’entreprise, qui a vu le jour en 1992, fabrique depuis 2004 des produits bio et naturels à base d’Aloès, d’argile et d’eau thermale qu’elle a tout d’abord distribués dans le réseau des magasins bio et notamment dans le réseau Biocoop, avant de se positionner depuis 2013 en pharmacies et para pharmacies. Un secteur qui représente aujourd’hui un tiers du chiffre d’affaires.
Une serre climatique de 1 000 m²
Depuis 2014, date à laquelle l’entreprise s’est installée sur son site actuel de 2 000 m² à Mane en Provence, où elle dispose d’une serre bioclimatique de 1 000 m² (ayant nécessité 1 million d’euros d’investissement), Ciel d’Azur Labs maîtrise l’ensemble de sa production, de la culture des matières premières à la fabrication des produits finis.
L’entreprise a ainsi privilégié des solutions énergétiques et écologiques de pointe, afin d’assurer la neutralité de son empreinte carbone. Panneaux photovoltaïques, qui apportent 40 % des besoins de l’entreprise, contrat avec Enercoop qui fournit une électricité verte, géothermie, stockage sous-terrain dans la colline avec une température naturellement régulée… Un large éventail de solutions a été mis en place afin de réduire au mieux l’impact écologique de l’activité de l’entreprise. "Mais, nous demeurons des fabricants. Il y a toujours un impact…", commente son directeur général, Romain Linke.
Lors de la construction de son site actuel, Ciel d’Azur Labs a également été accompagnée par l’association Bâtiment Durable Méditerranéen, qui veut généraliser le développement durable dans l’acte de construire. "Le but était de limiter l’impact du bâtiment dans tous les sens du terme. De sa conception aux matériaux utilisés mais en prenant également en compte le bien-être des salariés. Il y a près de 250 critères à remplir pour obtenir le label délivré par Bâtiment Durable Méditerranéen. Évidemment, ce site nous a coûté le double du prix normal (plus de 2 millions d’euros) . Il y a douze ans, on nous a pris pour des fous, mais aujourd’hui nous sommes en avance", indique Romain Linke.
1 800 tonnes de CO2 émises
Le précédent bilan carbone de la société, réalisé par le cabinet conseil en RSE parisien, Riposte Verte, en 2022, montrait qu’elle compensait ses émissions par la production d’électricité photovoltaïque et par la plantation d’arbres. Elle rejetait alors environ 1 800 tonnes de CO2 par an. Ciel d’Azur Labs a en effet choisi depuis 2017 de compenser ses émissions carbone par la plantation d’arbres, qui eux permettent de régénérer 2 500 tonnes de CO2. "Nous avons adhéré à l’association 1 % for the Planet et nous avons sélectionné des structures qui s’occupaient de planter des arbres en Afrique et en Asie. Aujourd’hui, nous avons contribué à planter 120 000 arbres, ce qui a représenté un investissement de plus de 300 000 euros depuis 2018", précise le directeur général de l’entreprise. Grâce à cette action, en 2022, le bilan carbone de la société, établi pour 2020, a présenté un solde positif.
"Ce n’est pas impossible d’y parvenir"
"Cela a demandé du travail, des investissements, mais finalement nous absorbons plus de carbone que nous n’en émettons. Il n’est donc pas impossible d’y parvenir, tout en ayant une activité de fabrication et commerciale. Nous y sommes arrivés en cinq ans. Il faut surtout en avoir la volonté", commente Romain Linke.
Des projets d’amélioration des packagings encore à venir
L’entreprise n’en reste pas là, elle travaille actuellement sur la transformation de certains de ses packagings afin de développer des systèmes rechargeables. "Les nouveaux flacons devraient voir le jour en 2025 et nous économiserions encore 10 tonnes de CO2 que nous ne rejetterons plus dans l’atmosphère", ajoute le dirigeant de Ciel d’Azur Labs.
Peu de communication sur le sujet
Si l’entreprise travaille sur le long terme et se retrouve avoir un impact positif sur son environnement, en revanche, elle ne communique pas forcément sur cet aspect. "Ce n’est pas l’argument phare que nous mettons en avant. Il y a trop de green washing, finalement, les consommateurs n’y croient plus et n’arrivent pas à distinguer ceux qui font réellement des choses pour l’environnement. En en parlant trop, cela pourrait engendrer de la suspicion. Nous sommes distribués dans les magasins bio, nos consommateurs font leurs propres recherches et découvrent alors notre démarche", souligne Romain Linke.
Maîtriser l’ensemble de la production
"La spécificité de notre entreprise est que nous réalisons tout par nous-même. Nous disposons de culture d’Aloès en Espagne et au Portugal et nous importons l’Aloé Véra, en jus et non en poudre comme beaucoup de nos concurrents, du Mexique où nous travaillons avec un de nos anciens salariés qui y a monté une filière en agriculture équitable", poursuit le dirigeant. Et ce dernier de rappeler : "Quand nous avons commencé, personne ne parlait de l’Aloé Véra. Nous avons été des précurseurs et nous avons défriché tout un marché pendant une dizaine d’années". Les produits cosmétiques de Ciel d’Azur Labs ne contiennent pas d’eau et annoncent ainsi des pourcentages de 70 % d’aloé.