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La start-up Yumii ubérise la vie sociale des personnes âgées
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La start-up Yumii ubérise la vie sociale des personnes âgées

Fondateur de la start-up roubaisienne Yumii, Antoine Bataille veut rompre l'isolement des personnes âgées à l'aide d'une plateforme collaborative et d'un robot.

C'est un profil que l'on rencontre assez peu à la tête des jeunes entreprises du numérique : à 55 ans, Antoine Bataille est le fondateur de la start-up roubaisienne Yumii. Et côté entrepreneuriat, il n'en est pas à son coup d'essai. L'homme pourrait même être qualifié de serial entrepreneur avec quatre start-up et cinq entreprises matures de production de contenus pour la communication digitale, situées à Roubaix, Tourcoing, Valence ou Paris. L'ensemble est réuni sous le groupe Com Clever, qui affiche un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros, avec 120 salariés. Yumii fait donc figure de petite dernière et Antoine Bataille place beaucoup d'espoir en elle : « Parmi toutes mes sociétés, c'est celle qui a le plus gros potentiel de développement et encore aucune concurrence ! »

Le concept

Créée en avril 2016, Yumii est une start-up qui veut rompre l'isolement des personnes âgées grâce à la mise en place d'une plateforme collaborative de type Uber ou Airbnb. Celle-ci permet la mise en relation, à distance, de la personne âgée avec trois types d'interlocuteurs : des membres de sa famille, le médecin ou encore des aidants ou des associations. Le numérique n'étant toutefois pas la chose au monde la mieux partagée par les seniors, l'idée est de mettre un médium entre les personnes âgées et la plateforme, pour leur en faciliter l'accès comme l'utilisation. C'est là que Cutii entre en scène : il s'agit d'un petit robot à commande vocale, avec une tablette en guise de tête. Sur celle-ci peut apparaître soit un visage numérique, soit l'interlocuteur avec qui la personne âgée est mise en relation, comme lors d'un Skype.

La plateforme doit ainsi permettre à la personne âgée de faire des activités à partir de chez elle : un cours de cuisine, la visite virtuelle d'un musée grâce à une personne qui s'y rendrait et filmerait avec un smartphone, un cours de yoga... L'idée étant que la personne âgée choisisse son activité puis un interlocuteur associé sur la plateforme parmi plusieurs propositions regroupant à la fois des professionnels, des associations ou des particuliers ayant envie de donner de leur temps. La plateforme et le robot seront disponibles pour un abonnement de 60 euros par mois. Le robot peut par ailleurs détecter les chutes et alerter les secours en cas de besoin.

Le financement

Jusqu'à présent, Antoine Bataille a investi 1,2 million d'euros pour développer sa société. Il dispose aujourd'hui d'un prototype abouti et a besoin de lever 3 à 4 millions d'euros pour l'industrialiser, avec une fabrication qu'il veut française. « Nous avons déposé un dossier auprès de l'Europe, pour réunir 2 millions d'euros. Pour le reste, nous voulons nous associer à des mutuelles, des fonds, des caisses de retraite, des partenaires privés... », annonce-t-il.

Le développement

La commercialisation de sa solution doit démarrer au cours du deuxième semestre 2017. « L'idée est d'en écouler 500 d'ici fin 2017, surtout dans la région, avant d'augmenter les cadences », note Antoine Bataille. Quant à 2018, ce sera l'année du déploiement national et international. « Un Chinois qui nous a croisés au CES voulait en prendre 10 000 à 12 000 : le marché est colossal ! », s'enthousiasme le dirigeant. Sans concurrent pour le moment, Antoine Bataille veut aller vite. S'il ne communique pas son chiffre d'affaires prévisionnel, il souligne que : « il peut devenir très important ». Quant à la rentabilité, « ce n'est franchement pas le sujet, c'est plutôt de prendre très vite des parts de marché ! ».

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