Face à l’allongement des délais pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste, la start-up lyonnaise Firstdoc veut bousculer les habitudes. Son fondateur Francis Nyock a conçu un outil d’alerte intelligent capable d’identifier instantanément les créneaux libérés sur Doctolib, Maiia ou Keldoc.
"Comme un comparateur de vols, mais pour les médecins"
Un service pensé pour les patients qui cherchent avant tout une spécialité, plutôt qu’un praticien en particulier. "Nous sommes un peu comme un comparateur de vols, mais pour les médecins. On ne remplace pas les plateformes, on leur amène des patients", explique Francis Nyock, 48 ans, dont le projet est né d’une expérience personnelle.
"Notre objectif est de rendre l’accès aux soins plus simple, sans avoir à passer des heures à rafraîchir les pages des plateformes médicales"
C’est en tentant d’aider sa mère à obtenir un rendez-vous chez un cardiologue, avec deux mois d’attente, que l’entrepreneur a eu l’idée de développer Firstdoc. La plateforme permet aux utilisateurs de renseigner une spécialité et une zone géographique, puis de recevoir une notification dès qu’un créneau se libère. En France, les délais moyens peuvent atteindre trois mois pour certaines spécialités comme l’ophtalmologie ou la dermatologie. "Notre objectif est de rendre l’accès aux soins plus simple, sans avoir à passer des heures à rafraîchir les pages des plateformes médicales", déclare le fondateur.
Un lancement prometteur et des ambitions fortes
Lancée officiellement en octobre 2025, la solution a déjà séduit une soixantaine de premiers utilisateurs. Actuellement gratuite, Firstdoc vise 50 000 utilisateurs d’ici mi-2026. Pour l’heure, Firstdoc ne compte encore aucun salarié. "Nous fonctionnons sous la forme d’un noyau fondateur de deux personnes", précise Francis Nyock. "Des recrutements sont bien sûr prévus à court terme, en particulier sur les volets techniques, développement produit et relation partenaires, dès que la phase de bêta test sera validée."
Une stratégie de croissance progressive
Côté modèle économique, la start-up envisage plusieurs sources de revenus. "Le cœur du service Firstdoc, c’est-à-dire la recherche de rendez-vous médicaux disponibles rapidement, restera gratuit pour les patients", insiste son fondateur.
L’entreprise étudie toutefois plusieurs modèles économiques possibles. Comme une offre premium facultative à tarif très abordable, de quelques euros par mois, donnant accès à des fonctionnalités avancées (alertes automatiques, priorisation des disponibilités, accompagnement personnalisé). Ou des partenariats B2B avec les plateformes de prise de rendez-vous, groupements de médecins ou établissements de santé. "De la publicité est aussi envisageable. Dans tous les cas, notre volonté est claire : ne pas faire peser le coût sur les patients et favoriser l’accès à la santé pour tous", souligne Francis Nyock.
La jeune pousse table sur un premier chiffre d’affaires dès 2026, avec la sortie officielle de l’application et la montée en puissance des partenariats et des offres de services B2B. "L’objectif est d’atteindre une rentabilité opérationnelle d’ici deux à trois ans. À court terme, la priorité reste la croissance de la base utilisateurs et la qualité du service ", conclut le fondateur.