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La start-up LTF prépare une levée de fonds pour élargir sa gamme de micro-turbines hydrauliques
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La start-up LTF prépare une levée de fonds pour élargir sa gamme de micro-turbines hydrauliques

Issue du laboratoire ICube et soutenue par Conectus et l’ENGEES, la start-up strasbourgeoise LTF veut lever un million d’euros pour élargir sa gamme de micro-turbines hydrauliques destinées aux réseaux d’eau et à l’industrie. Ces turbines produisent de l’électricité à partir de l’écoulement de l’eau, afin d’alimenter des capteurs qui vont notamment mesurer la qualité de l’eau ou détecter les fuites. Entre autres.

Pierre Harguindeguy, ingénieur diplômé de l’ENGEES et directeur général adjoint du groupe Mineris, préside la start-up LTF, dont il est actionnaire majoritaire — Photo : Document remis

Après avoir sécurisé 320 000 euros de premiers financements, LTF prépare déjà l’étape suivante. La start-up, pour l’instant immatriculée à Lyon mais ancrée dans l’écosystème strasbourgeois, développe une micro-turbine capable de produire de l’électricité à partir de l’écoulement de l’eau. L’objectif n’est pas de concurrencer l’hydroélectricité classique, mais d’apporter une source d’énergie locale aux capteurs installés sur les réseaux d’eau.

Ces équipements servent à suivre la qualité de l’eau, mesurer la pression ou le débit, détecter les fuites et améliorer le rendement des réseaux. Mais leur alimentation reste un verrou : tirer une ligne électrique est souvent coûteux, les panneaux solaires sont exposés aux aléas extérieurs, et les batteries imposent des tournées de remplacement. "Notre produit propose une alternative : il se branche comme un composant standard de réseau et produit l’électricité nécessaire à rendre les capteurs autonomes", explique Pierre Harguindeguy, président de LTF.

La technologie commence à produire à partir d’un écoulement de 0,7 mètre par seconde. À 1 mètre par seconde, elle délivre environ 10 watts. Et à 2 mètres par seconde, 40 watts. Une puissance suffisante pour alimenter plusieurs capteurs sur un même point de mesure. "Avec 40 watts, vous pouvez brancher jusqu’à cinq ou six capteurs sans problème", précise le dirigeant. La solution embarque aussi une batterie d’appoint : elle se recharge quand la production dépasse les besoins et prend le relais lors des pics de consommation, notamment au moment de la transmission des données, plus énergivore que la mesure elle-même.

La technologie de LTF a été développée en évitant le rejet de PFAS dans les eaux — Photo : Marine Dumeny

24 mois de trésorerie déjà sécurisés

La future levée de fonds doit permettre à LTF d’élargir sa gamme, en particulier vers des conduites de plus gros diamètre, à partir de 30 cm, afin de cibler davantage d’usages industriels. "Le million d’euros, c’est pour accélérer le programme de R & D, souligne Pierre Harguindeguy. Ce n’est pas pour assurer notre fonctionnement dans les prochains mois. C’est vraiment pour du pur développement et pour nous donner un boost rapide dans le développement de l’entreprise."

LTF dispose, selon son dirigeant, de 24 mois de trésorerie, y compris dans un scénario prudent où les ventes resteraient faibles. Les associés ont choisi de ne pas se rémunérer pendant les deux premières années. "Cela nous permet de mettre toute l’énergie et tout l’argent disponible au service de la commercialisation, du développement du produit et de nos salariés", ajoute-t-il. Un premier salarié technique doit rejoindre l’entreprise en septembre. La prospection commerciale est, elle, externalisée auprès d’agents commerciaux.

Les 320 000 euros déjà réunis proviennent notamment de Bpifrance, via une Bourse French Tech Émergence de 90 000 euros, de la Région Grand Est à hauteur de 30 000 euros, et de l’ENGEES, l’École nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg.

L’établissement, dont sont issus les enseignants-chercheurs à l’origine du brevet développé au sein du laboratoire ICube, ne s’est pas limité à un soutien académique : il est entré au capital de LTF à hauteur de 5 % et a consenti une avance en compte courant d’associé, pour un apport total de 200 000 euros. Une première pour cette école d’ingénieurs spécialisée dans les métiers de l’eau. En amont, la technologie avait été maturée avec Conectus, la société d’accélération du transfert de technologies chargée de faire passer les innovations issues de la recherche publique vers le marché.

Business angels et industriels ciblés pour la levée de fonds

LTF cible deux marchés principaux. D’abord les exploitants publics ou privés de réseaux d’eau potable, qui cherchent à multiplier les points de mesure pour mieux piloter leurs infrastructures. Ensuite les fabricants de capteurs, susceptibles d’intégrer la turbine à leurs propres solutions. En France, la société estime à 20 000 le nombre de points potentiellement équipables sur les réseaux d’eau potable.

L’industrie constitue le deuxième axe de développement. Il s’agit ici de récupérer une partie de l’énergie aujourd’hui dissipée dans les écoulements de fluides des process industriels, notamment liés au pompage. Pour répondre à ces usages, LTF devra poursuivre sa R & D et construire un banc d’essais adapté à des conduites plus importantes. "Forcément, il nous faut de plus gros tuyaux et de plus grands bâtiments", résume Pierre Harguindeguy.

Pour cette levée, l’entreprise regarde à la fois vers les business angels et les industriels. Des échanges sont engagés avec Alsace Business Angels, encore à un stade préliminaire. "On intéresse des industriels. Ils regardent d’assez près la technologie", indique le président de LTF. À horizon 2030, la start-up vise 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une activité composée à 80 % de ventes de produits et à 20 % de services récurrents, principalement autour de l’analyse des sites d’implantation et de la maintenance.

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