L’ambition de la Paletière est de taille : créer une filière qui revalorise les pales d’éoliennes en fin de vie. Et pour cause, selon l'Ademe, 10 000 à 15 000 tonnes de composites issus de ces produits seront à traiter chaque année à partir de 2028 en France. Formées de matériaux composites, ces pales sont aujourd’hui incinérées dans plus de 95 % des cas. Un gâchis auquel La Paletière, fondée en 2024, veut s’attaquer. Composée de qu atre personnes, dont les deux associés et fondateurs Yoann Malinge et Minh Man Nguyen, l’entreprise va mener une première expérimentation cet été, afin de construire une toiture pour une ferme urbaine basée en Île-de-France à partir des pales récupérées. "Nous nous étions lancés avec l’idée de produire des tuiles. Nous nous orientons finalement plutôt sur du bardage, qui présente l'avantage d'être moins contraignant au niveau réglementaire", explique Yoann Malinge.
Compétitif avec les autres produits sur le marché
Pour se fournir en matières premières, l’entreprise s’appuie notamment sur la multinationale Suez. "Ils répondent à d’importants appels d’offres afin de démanteler ces pales. Aujourd’hui, ils nous payent pour qu’on les débarrasse de ces matériaux. Néanmoins, notre modèle économique ne sera pas basé sur ces revenus, mais bien sur la vente d’un produit fini qui devra être compétitif", note Yoann Malinge.
La compétitivité, la Paletière y tient beaucoup. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle la start-up s’est tournée vers le secteur du BTP pour revaloriser les pales. "Chaque chantier engendre des volumes conséquents, ce qui permet d’industrialiser notre processus, et de provoquer une économie d’échelle qui rend le réemploi rentable", appuie le cofondateur. Toujours dans ce même objectif, la Paletière ambitionne de limiter au maximum la transformation des pales récupérées. "L’objectif est d’obtenir un prix similaire voire inférieur aux autres produits sur les marchés où nous nous lancerons", prévoit Yoann Malinge.
Une levée de fonds fin 2026
D’ici cet été, l’entreprise souhaite obtenir environ 150 000 euros via des banques et prêts d'honneur afin de commencer à recruter à la rentrée 2025. L’objectif sera ensuite de boucler une véritable levée de fonds, d’ici le second semestre 2026, afin d’industrialiser le processus. Néanmoins, il est encore un peu tôt pour parler des montants. "Ce projet concerne toute une filière, et il peut prendre de très grandes proportions au vu des volumes de composites à valoriser", se contente Yoann Malinge.