La jeune pousse grenobloise Moïz, qui développe des capteurs connectés puisant leur énergie dans la chaleur perdue des équipements industriels annonce avoir bouclé un premier tour de table de 3 millions d’euros.
Cette levée de fonds a été menée par Grenoble Angels, qui a rassemblé à ses côtés SAMBA et RVA (2 associations de la coordination des Business Angels en Auvergne-Rhône-Alpes) et par le réseau de business angels BADGE, aux côtés du fonds régional institutionnel Crédit Agricole Alpes Développement (C2AD), et du groupe industriel Rio Tinto.
Ce financement comprend 1,1 million d’euros en equity accompagné d’un effet de levier auprès des banques Bpifrance, CERA, BPAURA et BNP et d’un programme d’aide au développement deeptech de Bpifrance.
Industrialiser les premiers produits
Avec ce financement, Moïz franchit une étape décisive : accélérer l’industrialisation de ses premiers produits, soutenir leur mise sur le marché y compris à l’international, et préparer la génération suivante grâce à de nouveaux programmes de recherche et développement.
L’entrée de Rio Tinto au capital de la start-up via son fonds Rio Tinto Ventures vient par ailleurs renforcer une relation client établie depuis 2021 et confirmer la pertinence des solutions de Moïz pour répondre aux défis de l’alimentation énergétique de l’internet des objets industriels.
"Nous travaillons avec la start-up Moïz depuis 2021 et avons été séduits par les possibilités offertes par leur technologie qui permet de simplifier l’installation de nouveaux capteurs dans nos usines de production d’aluminium par électrolyse", a déclaré Olivier Martin, directeur technique innovation chez Rio Tinto Aluminium.
Une dizaine de recrutements en vue
Les fonds levés permettront également à la jeune pousse de renforcer ses équipes R & D, qui travaillent en lien avec l’Institut Néel et d’autres laboratoires académiques afin de développer de nouvelles technologies de récupération d’énergie thermique pouvant être intégrées sur des wafers (NDLR. plaquettes) de silicium. Moïz prévoit ainsi le recrutement d’une dizaine de collaborateurs dans les douze mois à venir.
Supprimer le recours aux piles
Fondée en 2020 et issue de travaux de recherche menés à l’Institut Néel (CNRS) après des étapes de maturation et d’incubation à la SATT Linksium de Grenoble, Moïz développe une technologie innovante de récupération d’énergie thermique. Les produits développés par la start-up permettent ainsi de récupérer la chaleur perdue dans les infrastructures et les procédés industriels pour alimenter de manière complètement autonome, c’est-à-dire sans pile et sans fil, les capteurs industriels essentiels à la digitalisation et la décarbonation des sites industriels.
"En récupérant la chaleur perdue dans les infrastructures et les procédés industriels Moïz dispose d’une source d’énergie importante et omniprésente pour faire fonctionner n’importe quel capteur industriel ou presque, sans pile et sans fil",
Les capteurs de la jeune pousse répondent donc à un double enjeu : écologique, en éliminant la production et le remplacement de millions de batteries polluantes. Et économique, en réduisant drastiquement les coûts d’installation et de maintenance pour ses clients. Cette innovation ouvre la voie à l’acquisition de données fiable, durable et rentable dans les environnements industriels les plus exigeants.