Dans les Vosges, la start-up Pass Intérim (5 salariés) a bouclé une levée de fonds de 600 000 euros, soutenue par Alsace Business Angels, I-Neo capital ainsi que par un investisseur privé professionnel du recrutement. L’opération doit lui permettre de développer, à la fois géographiquement et techniquement, sa plateforme de mise en relations entre agences d’intérims et chercheurs d’emplois. Les cofondateurs de la start-up restent majoritaires à son capital.
Fonctionnant avec un réseau de près de 240 agences partenaires, la solution développée par l'entreprise permet aux candidats de s’inscrire à un seul endroit pour être visibles de toutes les agences autour d’eux. "Trouver des salariés intérimaires reste compliqué, notamment parce qu’ils s’inscrivent en moyenne dans seulement deux agences, alors qu’on en compte une vingtaine par bassin d’emploi. Ils passent donc à côté des opportunités proposées par les 18 autres", explique l’entreprise dans un communiqué.
Intégrer l’IA
Les fonds levés doivent notamment permettre à Pass Intérim d’intégrer l’Intelligence Artificielle (IA) à leur solution. "Notre objectif est de faire gagner du temps à nos utilisateurs", lance Adrien Meyer, l’un des deux cofondateurs de Pass Intérim. L’IA devrait permettre de cibler plus rapidement les profils des candidats et d’opérer ainsi un rapprochement entre l’offre et la demande. "Les premiers travaux d’intégration de l’IA auront lieu au second semestre 2024", poursuit le dirigeant. À plus long terme, la start-up envisage de poursuivre leur développement technologique avec la génération de CV intelligents pour les chercheurs d'emplois.
Conquérir le territoire français
Dans le Grand Est, en Hauts-de-France et en Bourgogne-Franche-Comté, Pass Intérim compte près de 45 600 candidats et annonce recruter 500 nouveaux candidats par semaine. À horizon 2026, la start-up espère avoir développé un maillage d’échelle nationale, au-delà de ces trois régions. "Il y a près de 10 000 agences d’intérims en France. L’objectif, c’est d’en rallier 30 % d'ici à 2026", chiffre Adrien Meyer. Pour conquérir rapidement le territoire français, l’entreprise mise notamment sur les "majors", "les réseaux d’agences d’intérims leaders du marché" explique le dirigeant. Dans le Grand Est, la start-up travaille déjà avec Manpower, Temporis, ou encore Sup Intérim.
Une montée en puissance
Ces objectifs devraient permettre à la jeune pousse de dépasser les 500 000 euros de chiffre d’affaires en 2025. "En 2026, nous espérons doubler ce chiffre", prévoit Adrien Meyer. En parallèle, l’entreprise s’apprête à doubler ses effectifs pour atteindre les 10 salariés. "Le développement du pôle tech vise à internaliser l’amélioration continue de la plateforme et celui du pôle commercial à mieux répondre aux besoins de ses partenaires et étendre son réseau sur tout le territoire", justifie l’entreprise.
À plus long terme, Pass Intérim n’exclut pas de nouvelles opportunités de développement. "Tout dépendra de l’évolution du marché et des besoins" note Adrien Meyer, qui pourrait envisager un second tour à sa levée de fonds.