En intervention, les sapeurs-pompiers utilisent encore exclusivement le plan papier des lieux où ils doivent porter secours, sans GPS. Ils trouvent d’ailleurs ces documents obligatoires à l’entrée des sites, avec tous les risques que cela comporte en terme de réactivité. Le récent incendie de Londres ou l’attentat du Bataclan nous rappellent nos fragilités. Une perte de temps indéniable que Sigpau - pour Système d’information géographique de plans d’architecture urbaine - se propose de résoudre. La start-up rennaise, soutenue par Rennes Atalante et la French Tech, digitalise les plans des villes et immeubles publics comme privés. Équipés de tablettes tout-terrain, les secouristes ont ainsi accès au plus vite à une mine d’informations interactives et cartographies dynamiques. L’idée a germé dans la tête d’Emmanuelle Clouet, ingénieure en génie civil de 27 ans, qui a pratiqué les commissions de sécurité en tant que chargée d’affaires en contrôle technique pour la construction. Associée à Éric Dumontet, ingénieur informaticien de 45 ans, elle lance la version test en partenariat avec le Sdis 35, après un an de R&D. « Une version opérationnelle sera déployée début septembre dans les trois casernes de Rennes, soit 100 véhicules équipés. »
Assureurs et propriétaires fonciers très concernés
Leurs clients ne sont pas les secours eux-mêmes (pour qui le service est gratuit), mais les syndics de copropriétés, collectivités locales, architectes, bureaux d’études… Sigpau s’inscrit dans la veine du bâtiment intelligent ou « BIM ». Premier client : le Mabilay à Rennes où la société est hébergée. Le duo espère convaincre les assureurs du bien fondé de leur solution pour aider leurs clients à réduire leurs primes. « Notre valeur ajoutée est de permettre de mettre en avant les zones névralgiques des entreprises, par exemple, à prioriser en cas de souci majeur, en vue de réduire les pertes d’exploitation », expliquent les deux associés qui ambitionnent un chiffre d’affaires régional à trois ans de 800.000 euros. Puis, beaucoup plus avec 250 emplois dans les cinq ans.