Quand on cumule 17 ans d’exercice, 6 longs-métrages, 3 prix au festival américain de Deauville, un au festival du film de Berlin, 17 courts-métrages dont 4 sélections à Sundance, le festival américain de cinéma indépendant créé par Robert Redford… on peut à juste titre parler d’expérience et de légitimité en matière de cinéma. Et c’est précisément ce que la société de production cannoise Adastra a souhaité partager en lançant ses propres formations. "À Paris, les gens du cinéma ont accès à de nombreuses formations mais ce n’est pas le cas en région Sud, explique Sébastien Aubert, à la tête de l’entreprise cofondée avec David Guiraud. Il y a la formation initiale pour les étudiants mais pas pour ceux qui veulent se perfectionner."
Plus de 300 projets reçus par an
Et à en croire le dirigeant et le volume de sollicitations reçues dans son bureau, ils seraient nombreux à avoir déjà un pied dans le métier et à vouloir pousser plus loin leur rêve dans le septième art. C’est donc à eux que s’adressent ces sessions de formations, qui se tiendront à partir de septembre et qui seront menées par des figures et autres experts du milieu. "Nous recevons plus de 300 projets par an, et on va peut-être travailler avec un ou deux auteurs qui nous auront contactés. Pour les scénaristes et les réalisateurs, il s’agit d’apprendre à présenter un projet, comment approcher un producteur, faire un dossier artistique solide, pitcher en public, face à un producteur ou face caméra, faire une note d’intention…"
La formation producteur visera quant à elle à apprendre à faire un plan de financement, créer sa société de production ou savoir à quelle porte frapper pour solliciter des crédits… Du "pratico-pratique" là encore.
Pour des castings réussis
Idem pour la formation d’acteur. Elle aussi prise en charge par l’Afdas, l’opérateur de compétences de la culture et des industries créatives, et certifiée Qualiopi, elle sera on ne peut plus concrète. "Nous recevons là encore énormément de self tapes (enregistrements faits soi-même, NDLR) de candidatures et on constate que, souvent, les gens se présentent mal, n’ont pas la bonne posture. Le but est de trouver un job, d’enfin arriver à passer un casting réussi."
Pour Adastra, ce peut être aussi un moyen de déceler d’éventuels talents, devant ou derrière la caméra. Car si la petite entreprise ne compte que 6 collaborateurs, elle peut faire travailler "60 à 70 personnes par jour en moyenne sur un projet" et embaucher plusieurs centaines de personnes, figurants compris, pour un tournage.
Des films à plus de 5 millions d’euros de budget
Et les projets se multiplient. Il y a son activité portée par Films 06, dédiée aux films d’entreprises et qu’elle exerce auprès du tissu local ou pour des groupes internationaux comme Xiaomi, le géant chinois de la téléphonie mobile et de l’électronique qui l’avait choisi pour la réalisation du film ayant servi au lancement de ses nouveaux produits. Et puis il y a tous ces longs-métrages à venir : un film avec François Damiens et Mélanie Thierry, l’adaptation d’une bande dessinée avec Gérard Jugnot, celui du Niçois Akaki Popkhadze ou de l’Américain Shane Atkinson.
Pour la première fois en 2024, Adastra a dépassé le million d’euros de chiffre d’affaires — 1,3 million très exactement. L’entreprise ambitionne désormais de passer un autre cap : produire des films dépassant les 5 millions d’euros de budget. Des ambitions qui pourraient mener un jour la "petite Cannoise" à atteindre ses rêves parmi lesquels, "le rêve ultime" pour Sébastien Aubert : remporter une Palme d’Or et un Oscar.