«La reprise est lente mais se manifeste»
# Conjoncture

«La reprise est lente mais se manifeste»

Christian-Jacques Berret Directeur régional de la Banque de France

Peut-on parler de reprise? La reprise est lente et difficile avec des soubresauts mais elle se manifeste. Personne n'a envie d'une conjoncture lente à redémarrer mais c'est ce qui se passe. Malgré tout, nous nous inscrivons tout de même dans un cycle de progression.
La crise a-t-elle servi de régulateur? On peut penser qu'à la faveur de la crise, une consolidation a eu lieu. Les entreprises qui tiennent ont anticipé avant les autres et serré les boulons. Comme notre région est très industrielle, les réajustements se font rapidement sur les effectifs dans ce secteur. Un processus plus délicat à mettre en oeuvre dans le domaine des services où les équipes sont généralement plus resserrées. Je pense que pendant quelques mois, tant que la visibilité n'est pas de plus longue durée vers une bonne amélioration, nous allons rester dans une gestion de crise par rapport aux effectifs. Même si l'on constate une accalmie au niveau des pertes d'emplois car le pire est derrière nous. Par contre, la reprise de l'emploi s'effectuera certainement, au début, avec des modalités souples du type intérim ou CDD.
Comment se porte la consommation de crédits?

Pour la Haute-Normandie, les crédits aux entreprises, crédits de fonctionnement, marquent une corrélation forte entre le court terme et l'activité économique. Entre décembre2008 et décembre2009, nous avons comptabilisé -24,7% de crédits court terme: les entreprises ont demandé moins de crédits car l'activité a diminué. En revanche, sur les huit premiers mois de 2010, on constate une hausse de ces mêmes crédits de +7,8%: manifestement, on est dans un processus où les entreprises consomment à nouveau, il y a un redémarrage. Pour le moyen/long terme, ces crédits aux entreprises ont augmenté de +8,9% de décembre2007 à décembre2008, puis de +7,1% de décembre2008 à décembre2009, avec une quasi-stabilité depuis jusqu'à l'été. Il n'y a donc pas eu de rupture du crédit. Les banques ont continué à alimenter le système, il n'y a pas eu de coup d'arrêt au financement de l'investissement.

Entretien S.C

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