Depuis 2020, le fabricant d’ascenseurs TK Elevator France, dont le siège se trouve à Angers (360 M€ de CA 2023, 2 000 salariés en France dont 265 au siège) a mis en place un service de réparation des cartes électroniques d’ascenseurs défectueuses. "Avant, une carte endommagée, on la jetait et on la remplaçait par une neuve", explique Florence Bigé, toute nouvelle présidente de TK Elevator France. L’activité de ce nouveau service a été multipliée par cinq en trois ans, avec une accélération en 2024. TK Elevator France a ainsi réparé 8 650 cartes électroniques pour le marché français, dont près de 2 700 en 2024 (chiffres de septembre), soit une progression de 80 % par rapport à 2023. "Nous avons nous-mêmes été surpris par cette croissance forte de l’activité", commente la dirigeante.
La réparation offre une plus grande réactivité
Pour la filiale française du groupe allemand, les motivations sont doubles. "Un premier argument est d’améliorer notre réactivité vis-à-vis du client. Là, nous maîtrisons le process, ce qui n’est pas le cas lorsque vous commandez une pièce. Vous êtes à la merci des délais de livraison des autres constructeurs ou des revendeurs de pièces détachées. Par ailleurs, vous n’en maîtrisez pas les coûts", détaille la dirigeante. En effet, outre la fabrication d’ascenseurs et d’escalators (dans des usines en Espagne et en Allemagne), l’activité de TK Elevator comprend leur installation, et surtout, leur maintenance et leur modernisation, réalisées sur tous types d’appareils, y compris ceux des marques concurrentes. La maintenance est de loin l’activité principale pour la filiale, générant environ 270 millions d’euros de chiffre d’affaires (dont 80 % pour la modernisation). Cela concerne les ascenseurs mais aussi les portes automatiques.
Bon pour la planète, et le business
L’autre argument de cette initiative est celui de l’engagement pour une économie circulaire. "Le chiffre d’affaires de l’activité n’est pas significatif, mais c’est une démarche écologique, qui contribue aussi à sensibiliser nos techniciens à l’intérêt de réparer plutôt que de remplacer". Quoique non mesurable, l’effet de ce positionnement est indirectement générateur de business, ajoute la dirigeante, parce que "c’est demandé par les clients, notamment dans les réponses aux appels d’offres".
Après le fort essor de l’activité, un palier semble être atteint, "nous arrivons à une certaine linéarité, nous devrions conserver le même niveau d’activité les prochaines années", envisage Florence Bigé. Ces réparations sont effectuées soit par des sous-traitants, soit en interne à Angers, avec le support du pôle d’expertise du groupe basé à Manchester (Royaume-Uni).
"Les composants pour lesquels nous privilégions la réparation ou le reconditionnement sont les cartes électroniques qui régulent les fonctions telles que la gestion des appels et la régulation de la vitesse, ou l’interface utilisateur (panneaux de contrôle, affichage dans la cabine). Les composants indispensables à la sécurité des utilisateurs ne font pas partie des pièces reconditionnées", précise Jamal Mouzouri, responsable Développement Durable de TK Elevator France.
Economies d’énergie et énergie verte
Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus global du groupe pour limiter son impact environnemental. "Comme tout le monde, nous électrifions notre flotte de véhicules. Nous visons 20 % du parc d’ici trois ans. À Paris, nous avons également équipé nos techniciens de vélos électriques. C’est anecdotique, mais cela a du sens".
À l’échelle du groupe, la diffusion du nouvel ascenseur EOX, sorti en 2024, s’inscrit dans cette optique. Développé avec Nvidia et Microsoft, cet ascenseur intègre l’intelligence artificielle et la technologie cloud pour économiser jusqu’à 28 % d’énergie. Ses programmes anticipent les pannes et facilitent la maintenance préventive. Fabriqué dans des usines alimentées en électricité verte, il est composé de 70 % de matières directement recyclables.
L’Anjou savoure le retour d’une certaine normalité après le difficile épisode de la fermeture de l’ancien site de production de Thyssenkrupp, situé à Saint-Barthélémy-d’Anjou, en 2021. Il s’était accompagné de la suppression de 55 postes, sur 295 salariés à l’époque. Le site angevin compte aujourd’hui 265 personnes. Depuis ses 25 agences sur le territoire national, TK Elevator France gère un parc de 145 000 unités, dont 2 000 escalators.
Le groupe TK Elevator a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 8,9 milliards d’euros au cours de l’exercice 2022-2023 et emploie plus de 50 000 personnes dans le monde. L’entreprise est devenue indépendante depuis sa vente par Thyssenkrupp AG en août 2020.