Catherine Mercier-Suissa,
maître de conférence à l'IAE de Lyon, co-auteur d'"Entre délocalisations et relocalisation: mobilité des entreprises et attractivité des territoires" (Karthala, les terrains du siècle).
Vos travaux montrent que la responsabilité sociale des entreprises (RSE) est plutôt un outil de communication ou un déterminant de relocalisation
? Dans les cas que nous avons étudiés, les entreprises communiquent sur leur RSE pour expliquer qu'elles ont relocalisé, mais ce n'est pas la cause première.
On communique beaucoup sur la création d'emplois en France, la mise en avant des politiques de formation, le fait de payer ses impôts en France, etc., mais ce sont des conséquences de la relocalisation qui, elle, intervient en général car il y a une sous-estimation des coûts de délocalisation.
Les aides publiques en faveur de la relocalisation sont donc critiquables...
La prime à la relocalisation a disparu pour se transformer en prime à la réindustrialisation car elle n'avait pas de raison d'être, les entreprises la sollicitaient peu. En effet, une prime n'est pas incitative pour une entreprise qui a décidé de revenir. En revanche, c'est un signal qui indique qu'elle sera accueillie dans un environnement favorable.
Les relocalisations sont-elles en croissance?
On n'arrive pas à mesurer l'ampleur du phénomène car il est difficile d'identifier le nombre d'entreprises qui partent et qui reviennent. De plus, souvent, quand elles reviennent, ce n'est pas sur l'ensemble de la production mais sur une seule partie. Reste à savoir s'il s'agit d'un épiphénomène sur lequel on communique beaucoup en période électorale, ou d'une tendance de fond qui va s'amplifier.
- TROIS QUESTIONS