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La politique du "build-up" d'Acoem
Lyon # Services # Fusion-acquisition

La politique du "build-up" d'Acoem

En rachetant il y a un mois l'Australien Ecotech, le spécialiste des phénomènes vibratoires et acoustiques ajoute une brique stratégique, celle de l'air, à son catalogue de services. Et renforce ses positions sur la surveillance des paramètres environnementaux.

Cinq ans après avoir quitté le giron d'Areva Technicatome par LBO, Acoem (ex 01dB-Metravib) poursuit sa politique ambitieuse d'internationalisation. Une stratégie d'expansion tous horizons. Illustrée fin février par un nouveau rachat. Celui d'Ecotech, basée à Melbourne et déployée dans quelque 80 pays ; une grosse PME de 220 salariés, spécialisée dans la mesure de la qualité de l'air, désormais adossée à Acoem dont le CA frôle 90 millions d'euros (contre 62 millions d'euros avant cette opération). « Avec Ecotech, nous passons de 450 à 670 salariés », complète Fabien Condemine, directeur général de cette ETI majoritairement détenue par la holding Evolem présidée par Bruno Rousset (groupe April).

Trois opérations de croissance externe depuis 2014

Décidément conquérant, le groupe de Limonest intervient comme prestataire de services pour la surveillance des paramètres environnementaux sur les aéroports (dont celui de Shanghai), les grands chantiers et les sites industriels. Avec Ecotech, il signe sa troisième opération de croissance externe en trois ans, après celle réalisée en 2014 sur Fixturlaser, spécialiste suédois de la surveillance des machines de production et l'année suivante sur son distributeur nord-américain Vibralign. « Notre stratégie de développement est basée sur le "build-up", qui consiste à racheter des sociétés utiles à la fois technologiquement et géographiquement », expose le dg du groupe, qui réalise 70 % de ses activités à l'étranger. « Avec Ecotech, nous formons à présent un groupe qui maîtrise la mesure de trois facteurs environnementaux clés que sont le bruit, les vibrations et l'air ». Cette politique du " build-up " permet donc à Acoem non seulement de compléter son catalogue de services mais aussi de créer des synergies et d'attaquer de nouveaux marchés. « Ecotech va nous ouvrir en particulier les portes de l'Australie, de l'Inde et celles de pays d'Asie du Sud-est », précise le dirigeant. Sur ces marchés, l'entreprise entend profiter de l'historique et de la notoriété de la PME australienne. Comme elle l'a fait avec Vignalign aux US. « Le rachat de Vignalign il y a deux ans nous a permis de bénéficier immédiatement de son réseau et de son implantation ». Résultat : en 2016, Acoem enregistre un volume d'activités de 800 K€ sur le marché nord-américain, contre 300 K€ l'année précente. Une performance qui aurait été « impossible sans le positionnement marché de Vignalign », veut croire Fabien Condemine, qui a rejoint l'entreprise en 2001 en qualité d'ingénieur d'essai.

Un chiffre d'affaires de 125 millions d'euros en 2020

En intégrant Ecotech à son périmètre, le groupe rhodanien vise un doublement de son chiffre d'affaires d'ici à 2020. Soit 125 millions d'euros par an. « Nous sommes confiants. Il y a de vrais relais de croissance, sur le segment des paramètres environnementaux (normes acoustiques, vibrations et qualité de l'air sur un chantier et/ou un lieu public, Ndlr) ». Le dirigeant n'exclut pas d'autres opérations de croissance externe. « Nous souhaitons devenir un leader de rang mondial de la surveillance de l'impact environnemental. S'il faut pour cela racheter d'autres acteurs détenteurs de technos qui nous intéressent, nous le ferons. Nous en avons les moyens ».

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