Fondateur et dirigeant la société de nettoyage de locaux professionnels Nette Services, Roman Tellier a des ambitions et il ne s'en cache pas. « A l'horizon 2021, Nette Services sera dans le top 60 des sociétés de nettoyage en France ». Il ajoute en souriant : « Le ticket d'entrée dans ce top est un chiffre d'affaires minimum de 8 millions d'euros ». Les ambitions sont posées et la jeune PME valenciennoise semble plutôt bien partie pour les atteindre. Créée en 2012 par un jeune homme de 24 ans qui n'avait en poche qu'un chèque de licenciement, un emprunt bancaire et un prêt de sa mère, Nette Services a enregistré en 2016 un chiffre d'affaires de 2,2 millions d'euros, avec un bénéfice de 180.000 euros. La société emploie 200 salariés, dont près de 80 ETP. « En 2017, nous visons les 3,4 millions d'euros de chiffre d'affaires », indique le jeune dirigeant de 30 ans. Pour poursuivre sur cette lancée Romain Tellier compte étendre son maillage géographique et réaliser quelques opérations de croissance externe.
De nouvelles implantations à Paris et à Lille
Pour le moment, Nette Services réalise plus de la moitié de son chiffre d'affaires dans le Valenciennois. Une situation qui n'a pas vocation à perdurer. En février dernier, la PME a ouvert une agence à Cergy Pontoise : « Nous avons repris un marché à un autre prestataire, pour le compte d'un de nos clients nordiste », explique Romain Tellier. Et qui dit reprise de marché, dit reprise du personnel du prestataire sortant, soit dix personnes. L'agence de Cergy Pontoise démarre donc avec 11 salariés, dont un directeur d'agence, et devrait réaliser à elle seule « 2 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici à cinq ans », note le jeune dirigeant. Il précise : « Nous nous y implantons à la demande d'un de nos clients, mais c'est aussi pour nous un formidable tremplin pour en trouver d'autres dans cette zone ». Et pour compléter ce maillage parisien, Romain Tellier envisage déjà une implantation dans le sud de l'Ile de France. Mais avant celle-ci, la PME devrait compter une agence à Lille, courant 2018, puis à Amiens. « Nous travaillons déjà à Lille à partir de Valenciennes : l'idée est de mettre en place une plus grande proximité avec nos clients. Aujourd'hui nous pouvons déjà transférer 20 à 30 % de notre chiffre d'affaires sur cette future agence lilloise », note Romain Tellier. Une part de ces développements sera autofinancée, le reste faisant l'objet d'emprunts bancaires.
Des opérations de croissance externe
Dans le cadre de ce développement, et pour atteindre une taille critique en termes de chiffre d'affaires, Nette Services est à la recherche d'entreprises à racheter. « Je souhaite réaliser ces opérations de croissance externe d'abord dans la région : la proximité nous aidera à stabiliser les choses et à intégrer des agences au mieux. Quand nous saurons le faire correctement en région, nous pourrons le faire au niveau national », précise le dirigeant, qui souhaite s'implanter dans les grandes villes de France.
Accélérer vers l'industrie
Nette Services réalise 45 % de son chiffre d'affaires auprès du secteur tertiaire, 32 % dans des parties communes d'immeubles, 11 % dans l'hôtellerie-restauration, 6 % dans l'industrie, 4 % dans le médical et 2 % dans les collectivités. Romain Tellier souhaite aujourd'hui accélérer dans le domaine de l'industrie, notamment agroalimentaire. « Nos managers ont suivi des formations spécifiques », souligne-t-il. Et de commenter : « Nette Services n'en est qu'au début de son histoire. C'est la première page et il reste toutes les autres à écrire. J'ai de très grosses ambitions pour cette société ». Ce jeune dirigeant, qui rêve d'être chef d'entreprise depuis qu'il est tout petit, reconnaît tout de même que l'aventure n'a pas toujours été des plus faciles : « La création d'une entreprise, c'est un parcours difficile. Je pense que si on en avait connaissance avant de se lancer, on ferait marche arrière. Quant à moi, je me dis que créer, je ne le referais pas. Je m'orienterais plutôt vers une reprise. C'est le travail qui paie avant tout et au début, j'ai travaillé de 7 heures du matin jusqu'à 22 ou 23 heures tous les jours. L'entreprise a certes dégagé de la marge dès la première année, mais j'ai mis 18 mois avant de prendre mon premier salaire ».