En dix années, La Maison du bon café, qui a vu le jour à Châteaurenard en 1958, créée par Lucien Reynaud, le grand-père de l'actuel dirigeant, a su se métamorphoser, se diversifier, attaquer de nouveaux marchés, se positionnant parfois là où on ne l'attendait pas. À ce prix, le torréfacteur s'est développé malgré le repli du marché des Cafés-Hôtels-Restaurants (CHR) qui constitue son coeur de cible. «Tout a commencé à Châteaurenard. Je suis né ici et j'ai toujours connu l'entreprise. J'ai été élevé dans la culture du café et je suis entré dans la société à l'âge de 19 ans», rappelle Daniel Reynaud, tout en présentant les nouveaux concepts d'aménagement de comptoirs que l'entreprise propose aux établissements. Familiale, l'entreprise l'est. Daniel Reynaud a ainsi suivi la voie tracée par son grand-père et son père. Il est accompagné à la direction de l'entreprise par son épouse Christèle et vient d'être rejoint en 2010 par sa fille Audrey qui a en charge le marketing et la communication.
Boutique d'usine en 2008
L'entreprise s'étire sur près de 5.000m² sur un hectare de terrain, en plein coeur de la zone industrielle des Iscles à Châteaurenard. Un outil de production qui lui permet de torréfier chaque année près de 1.200t de cafés ensuite distribuées en grains, moulu ou en dosettes. «Notre métier c'est avant tout la torréfaction et notre fil conducteur c'est l'expresso. Nous sommes sur un métier particulier: les professionnels. De 1958 à 2000 nous avons travaillé principalement auprès d'une clientèle de CHR», ajoute-t-il, marquant la rupture de la dernière décennie au cours de laquelle il a orienté l'entreprise vers d'autres secteurs et notamment le particulier au travers de la boutique d'usine ouverte en 2008 sur la zone de la Chaffine, toujours à Châteaurenard. Là, sur 800m², dans un design réfléchi et sophistiqué, La Maison du bon café propose non seulement aux particuliers de découvrir sa gamme de cafés, mais également aux professionnels de choisir les machines à cafés les plus adaptées à leur activité.
S'appuyer sur les distributeurs
En 2000, lorsque Daniel Reynaud prend les rênes de la PME, celle-ci emploie 56 personnes, distribue entre 600 et 700 tonnes de café et pèse entre 9 et 10M€ de chiffre d'affaires. Dix ans plus tard le chiffre d'affaires consolidé de La Maison du bon café frôle les 22M€ et compte une centaine de salariés. L'entreprise à l'envergure régionale est aujourd'hui implantée nationalement au travers de filiales et de distributeurs. «Depuis Châteaurenard nous couvrons les départements limitrophes (13, 84, 34, 30, 26 et 07). Nous disposons ensuite de filiales à Clermont, à Saint Girons (Ariège) et à Valiguière (Hérault). Jusqu'en 2000, nous étions simplement à cheval sur les régions Paca et Languedoc-Roussillon. Je me suis ensuite dit que nous pouvions continuer à étendre notre réseau au travers de distributeurs existants au sein desquels nous pouvions prendre des parts et former à notre organisation et à la distribution de nos produits». Ce sont ainsi près de 900 livraisons par jour qui sont effectuées auprès des CHR. «Nous disposons de douze camions d'intervention technique qui assurent de 100 à 120 dépannages quotidiens. Nous passons notre temps à nous organiser pour mieux optimiser notre activité». 50% du chiffre d'affaires de l'entreprise provient de la vente des cafés, 20% des services et du matériel et 30% sont issus du négoce (thés, infusions, chocolats...). «Nous sommes avant tout des producteurs de café. Tout le service que nous offrons autour ne vient qu'en complément de notre activité principale. Notre volonté est d'accroître nos volumes de production pour nous développer...», conclut-il.
Si la Maison du bon café, installée depuis 1958 à Châteaurenard, broie du noir, elle voit en revanche la vie en rose. Depuis dix ans, l'entreprise n'a cessé de se développer et de se positionner sur de nouveaux marchés et notamment celui du particulier au travers de sa boutique d'usine.