Trois ans après sa création, Easymur cherche la pédale d'accélérateur. Une impulsion qui permettrait « de (se) structurer en une vraie PME », confie Edouard Burel, cofondateur avec Thierry Pauget de cette start-up de cinq salariés, spécialisée dans les panneaux porteurs. Des carreaux à base de béton composite fixés sur une charnière métallique qui s'emboîtent à la façon d'un jeu de Lego pour réaliser une maison ou un bâtiment industriel.
Une dizaine de chantiers en France en 2016
Et c'est loin de ses racines rhodaniennes que la jeune pousse cherche cette accélération... « Nos produits sont reconnus pour leurs performances thermiques et leur facilité d'installation », vante le dirigeant. « Ce qui est particulièrement adapté pour les pays d'Afrique et du Moyen-Orient en demande de solutions simples et modulables ». Easymur, qui a réalisé une petite dizaine de chantiers en France en 2016, entend ainsi se positionner sur ces marchés pour booster un chiffre d'affaires
que sa direction veut monter à 5 ou 6 millions d'euros par an dès 2018. « Ce volume d'affaires, largement supérieur à ce que nous avons fait l'an dernier, nous permettrait dès 2018 d'internaliser notre production, pour l'heure sous-traitée dans une usine près d'Oyonnax (Ain) ».
Produits adaptables aux marchés locaux
Pour atteindre cet objectif, la TPE mise sur une innovation maison : le panneau structurel à isolation intégrée, présenté au dernier salon Pollutec à Lyon, fin 2016. Un produit « de rupture », veut croire Edouard Burel, répondant aux normes RT2020 et présentant des matériaux innovants dont une mousse isolante, moins altérable qu'une classique laine de verre. Surtout, ce panneau est adaptable selon les caractéristiques des marchés locaux. « Le béton que nous utilisons habituellement peut par exemple être remplacé par d'autres matériaux de recouvrement comme l'argile. Nous travaillons sur un projet au Tchad, pays où cette roche naturelle est disponible en grande quantité ».
Maison en kit
Pour accompagner ce virage vers le continent africain et le Moyen-Orient, Easymur prépare un plan d'embauches de trois personnes, accompagné d'une levée de fonds de 1 à 2 millions d'euros, « qui devrait être bouclée au troisième semestre 2017 », précise son cofondateur, ancien salarié d'une filiale d'UPS. Autre projet en développement : une maison en kit. Cette habitation low-cost (facturée 25 000 euros environ) d'une quarantaine de mètres carré est construite sur une base de panneaux porteurs modulaires. Une "maisonnette" démontable adaptée au marché africain.