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La guerre des déchets est déclarée entre Paprec et la Ville
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La guerre des déchets est déclarée entre Paprec et la Ville

Deux ans après la fermeture de Biopole à Angers, le site pourrait accueillir à l'horizon 2019 un centre de tri public d'une capacité de 35 000 tonnes annuelles. Un projet qui fait tiquer le groupe Paprec qui traite actuellement 32 000 tonnes de déchets recyclables sur le département.

La guerre des déchets se poursuit à Angers, deux ans après la fermeture pour dysfonctionnements (problèmes sur la construction, sous-production de compost, odeurs...) de Biopole, à Saint-Barthélémy d'Anjou, l'usine de traitements des ordures ménagères de l'agglomération d'Angers. Un équipement, qui a coûté plus de 60 millions d'euros pour sa seule construction, sans compter les "dédommagements" versés par la collectivité (5,9 millions pour l'exploitant Veolia Environnement, 6,3 millions pour le constructeur Vinci). Le centre fait actuellement l'objet d'un vaste projet de réindustrialisation de ses 11.000 m² de bâtiments pour devenir... un centre de tri public des déchets pour l'est et le nord-ouest du département du Maine-et-Loire. Ce qui fait sérieusement tiquer le groupe Paprec, spécialisé dans le recyclage, qui reçoit dans son centre de tri de Seiches-sur-le-Loir les 16.000 tonnes annuelles de la collecte sélective d'Angers Loire Métropole (ALM).

« À terme, le site de Seiches risque de fermer »

« Nous avons ouvert ce site en 2010 grâce au marché obtenu avec Angers Loire Métropole, aujourd'hui nous recevons 32 000 tonnes de déchets recyclables provenant à 95 % du Maine-et-Loire, soit 85 % du tonnage du département », explique Thierry Seiller, responsable de la direction régionale Paprec (NDLR le site de Seiches, ouvert en 2000, était au départ spécialisé dans les déchets industriels à valoriser). Avec l'annonce d'un centre de tri public à l'horizon 2019, d'une capacité d'accueil de 25 à 45.000 tonnes, le groupe, qui prévoyait 2,5 millions d'investissement dans les années à venir sur son centre de Seiches a rangé son chéquier. « Ce site risque de fermer à terme, annonce Thierry Seiller. Il emploie 51 personnes. Nous ne conserverons que l'activité déchets industriels (30 salariés). Nous avons de grandes inquiétudes sur l'équilibre du centre et sur son avenir... »

Futur centre de tri : une fourchette de 10... à 22 millions d'euros

Associée à d'autres collectivités du Maine-et-Loire (hors Choletais), Angers Loire Métropole a donc acté la création d'un centre de tri des déchets secs. Plusieurs communes se sont positionnées pour accueillir l'équipement : Segré, Beaulieu-sur-Layon, Lasse, Seiches et... Biopole. Une étude de faisabilité - incluant conception, construction et exploitation - a été lancée par Angers Loire Métropole qui entend bien accueillir le futur centre sur sa " friche " Biopole. Coût estimé du projet par la collectivité : autour de 10 millions d'euros. « Nous, on dit que ce n'est pas possible !, assure Christophe Mallevays, directeur du département collectivités de Paprec. Un équipement dimensionné pour 45 000 tonnes nécessite au moins 21 millions d'investissement, c'est le coût de construction d'un site de cette taille. Le centre public Trivalis, ouvert en Vendée en octobre dernier a coûté 22 millions... » Joël Bigot, vice-président d'Angers Loire Métropole en charge du dossier, assure, lui, que le prix sera tenu : « Nous avons le terrain et des locaux dévolus aux déchets puisqu'ils accueillaient déjà un centre de tri. On ne peut pas trouver de meilleur site ! Et puis, nous donnons priorité à la réindustrialisation. » Pas sûr toutefois que les élus segréens ou du Haut-Anjou l'entendent de cette oreille... « Nous partirons seuls. C'est viable », est persuadé Joël Bigot. L'exploitation du futur centre de tri public sera confiée à un opérateur privé après appel d'offres. « Il y aura un cahier des charges, Paprec pourra y répondre ! »

La question des subventions...

Pour ce projet, Angers Loire Métropole devrait aller chercher des subventions auprès de l'Ademe (jusqu'à 35 % en fonction du tonnage). « Attention, prévient déjà Christophe Mallevays, pour obtenir une aide de l'Ademe, il y a des conditions. Il faut notamment que le nouveau centre de tri ne concurrence pas d'autres centres pérennes déjà existants. Ce qui est le cas de notre centre de Seiches... »

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