Agefos PME, dans ses Perspectives 2010, a consacré un cahier spécial aux interactions entre formation et crise économique. Pour ce faire, cet Organisme paritaire collecteur agréé (Opca) a interrogé des responsables de TPE et de PME sur leurs perceptions des problématiques emploi-formation au sein de leur entreprise.
Besoin d'accompagnement
65% des TPE-PME considèrent la formation comme un outil d'accompagnement dans un contexte économiquement difficile. Les responsables de grosses structures (plus de 200 salariés) ont une approche de la crise plus complète: la majorité a mis en place - ou serait prête à le faire - une gestion prévisionnelle des compétences et des emplois. Ces mêmes entreprises expriment également le besoin d'être accompagnées pour optimiser les dispositifs de formation.
Persistance des freins traditionnels
Malgré cette vision positive de la formation, les freins traditionnels subsistent. Le manque de temps vient en tête des principales difficultés rencontrées par les responsables de TPE-PME dans la gestion des compétences de leurs salariés. Cette préoccupation, valable dans tous les secteurs d'activité, est surreprésentée dans les entreprises de construction. Le financement de la formation représente le second écueil auquel se heurtent les entreprises, en légère progression avec la crise. Enfin, la complexité des dispositifs de formation est mise en avant par un nombre croissant d'entreprises. Dans ce climat tendu, l'attitude des TPE vis-à-vis de la formation tend à se démarquer de celle des PME. Les TPE semblent davantage subir la crise qui accroît encore leur manque de disponibilité pour former leurs salariés. Les PME se montrent plus volontaristes en considérant (à 54%) que la crise est l'occasion de développer de nouvelles compétences. Pour 17% d'entre elles (23% pour les entreprises de plus de 200 salariés), la baisse d'activité permet d'envoyer les salariés en formation.
Moins de stabilité budgétaire
Contrairement à la stabilité habituellement observée, le budget alloué par les entreprises à la formation a été particulièrement bouleversé en 2009. C'est le constat que dresse Cegos à l'issue de son enquête menée entre septembre et octobre2009. Si près de 40% des entreprises ont fait des économies sur leur budget formation, 30% ont au contraire choisi d'investir encore davantage dans ce domaine. C'est notamment le cas des PME de moins de 250 salariés, du secteur du BTP et de la banque assurance. «La crise a eu plusieurs conséquences: gels de projets, comme les grands déploiements informatiques par exemple, rationalisation des achats de formation, remise à plat de la politique formation,notamment par les grandes entreprises qui se sont posé des questions fondamentales sur la formation. En 2010, l'activité redémarre mais les entreprises hésitent à s'engager sur le long terme et sur des gros volumes de formation», analyse Guillaume Huot, directeur marketing et commercial de Cegos. Si elles n'y renoncent pas, bien au contraire, les entreprises prêtent une attention plus grande à l'investissement formation. DRH et responsables formation cherchent tout particulièrement à renforcer le lien entre la politique de formation et la stratégie de l'entreprise, à mieux articuler formation et management et à renforcer le suivi terrain des formations.
En ces temps de crise, TPE et PME adoptent des comportements très différents concernant la formation, et notamment son budget. Si la majorité des entreprises a choisi de réduire la voilure, d'autres, moins nombreuses, ont pourtant adopté la stratégie inverse!