La force de l'âge

La force de l'âge

Michel Sainte-Marie arrête la politique. À 75 ans. Après 40 ans à la tête de la mairie de Mérignac. Et tout le personnel politique local est stupéfait. "Déjà !" clament à l'unisson de nombreux élus, qui le voyaient repartir pour un mandat municipal l'année prochaine. Loin de moi l'idée de juger son parcours et de tirer un bilan. Mais les réactions des confrères de Michel Sainte-Marie sont tout de même éloquentes. Comme si un élu l'était à vie. Comme s'il n'y avait pas d'horizon au-delà de la politique. Comme s'il n'y avait pas d'autres élus plus jeunes (moins vieux ?) pour assurer la relève. Michel Sainte-Marie, dans les colonnes de Sud Ouest, assure qu'il n'avait mis personne dans la confidence. On se demande ce qu'aurait pu lui conseiller Philippe Madrelle, sénateur et président du conseil général, 76 ans. Ou bien Gérard César, sénateur maire de Rauzan, 80 printemps en décembre. Encore moins Marcel Berthomé, le nonagénaire maire de Saint-Seurin-sur-l'Isle. Les élus les plus avancés en âge argumentent qu'ils disposent de l'expérience, voire de la sagesse. Mais pourquoi certains sont-ils alors tant attachés à ce que les Français partent à la retraite à 60 ans ? "C'est différent, notre métier d'élu est une passion", peut-on entendre. Parce que les salariés, eux, n'ont pas le droit d'être passionnés par ce qu'ils font ? @email Twitter :@YannBuanec

  • LE BILLET