La filière nucléaire française doit-elle perdurer ?

La filière nucléaire française doit-elle perdurer ?

OUI. Sébastien Jumel, maire (communiste) de Dieppe, vice-président du Département. «La posture la plus responsable au regard de la situation vécue par les Japonais, qu'il faut avant toute chose assurer de notre soutien et de notre solidarité, est que l'ASN mène un audit complet sur l'ensemble du parc de réacteurs nucléaires de notre pays. Les Français réclament légitimement un maximum de transparence sur la question du nucléaire et l'expertise de l'ensemble des dispositifs de sûreté et de sécurité s'impose. En ce qui concerne l'EPR, si je me fie aux arguments des experts, il s'agit d'une technologie intégrant des outils de sécurité et de sûreté plus fiables encore que les réacteurs de premières générations et il faut rappeler que l'industrie nucléaire en France est un secteur d'excellence. Il faut savoir raison garder sur des sujets de cette importance et ne pas agiter les peurs de manière irresponsable. Le nucléaire demande que nous ayons un grand débat national, certes, mais un débat apaisé et serein. Et, si je considère que le nucléaire n'est pas l'unique solution, je pense qu'il n'y a pas aujourd'hui de solution sans nucléaire».
NON.Claude Taleb, vice-président (EELV) de la région Haute-Normandie Pour le chef de file des écologistes haut-normands, la question est tranchée: «je suis convaincu qu'il faut mettre en oeuvre un moratoire, et ce, que l'on soit pour une sortie du nucléaire à l'horizon d'une génération ou que l'on pense qu'il faut diminuer la part du nucléaire dans la production d'énergie en France». Un moratoire qui concernerait Flamanville comme Penly. «
Sur un sujet tel que celui-là, on ne peut pas se déterminer à partir de considérations uniquement locales. Nous sommes bien dans le global», lance Claude Taleb à l'adresse des partisans régionaux du projet de l'EPR. «Il est illogique de dire que l'on souhaite une diminution de la part relative du nucléaire et développer dans le même temps des projets comme celui-là», explique l'élu qui déplore «l'absence de vision d'ensemble de la filière». Dans tous les cas, «aucune décision ne doit être prise avant les résultats de l'audit commandé par l'État... Et à condition que cet audit soit réellement indépendant».POUR / CONTRE