Du 3 au 6 juillet 2025, le grand circuit des 24 Heures du Mans ne sera pas encore refermé pour accueillir Le Mans Classic. Cette année, les six plateaux réguliers — chacun représentant (en gros) les voitures de course par décennie et évolutions technologiques marquantes — seront accompagnés de trois plateaux supports. En compétition, se trouveront ainsi des bolides allant de 1923 à désormais 2010. La jauge pourrait dépasser les 220 000 spectateurs, compte tenu du niveau actuel des réservations à la billetterie, pour admirer les 700 anciennes voitures de course et les 1 200 pilotes sur la piste. De plus, entre 8 500 et 9 000 véhicules de collection seront exposés.
Une nouvelle version pour un rendez-vous annuel
Cette édition 2025 sera une étape charnière. De par son nouveau format, d’abord. L’organisateur Peter Auto vient d’annoncer que Le Mans Classic reviendrait désormais chaque année sur le circuit des 24 Heures, au lieu d’un rythme biannuel. Une année, Le Mans Classic Heritage mettra en compétition les véhicules des années 1920 aux années 1970, comme c’est le cas depuis 2002. L’année suivante, Le Mans Classic Legend accueillera des bolides d’une époque plus récente, située dans les années 1980 et 1990.
Cette nouvelle offre sera lancée pour l’édition 2026. Peter Auto annonce également le lancement d’une nouvelle série dédiée aux prototypes LMP1 et LMP2 et GT des années 2010.
Un nouveau directeur pour piloter l’événement
Ce sera aussi la première édition mise en place par le directeur général de Peter Auto. Marc Ouayoun a été recruté en juin 2024 pour diriger la société parisienne. Marc Ouayoun opère ainsi un retour dans l’événementiel après une carrière bien remplie chez les constructeurs et dans la distribution automobile chez Mercedes, Smart, Porsche — où il a œuvré pour la création du Porsche Expérience Center au Mans en 2015 —, Audi… Il dirige désormais la société de 45 salariés (CA non communiqué).
ACO au capital avec ASO
Son arrivée coïncide avec le rachat de Peter Auto par deux monstres de l’événementiel sportif : l’Automobile Club de l’Ouest (ACO), dont le président Pierre Fillon a également pris la fonction de la holding Peter SAS, et Amaury Sport Organisation (ASO), organisateur d’événements tels que le Tour de France et d’autres épreuves cyclistes majeures, le Dakar, le marathon de Paris, etc. L’ACO organise évidemment les 24 Heures du Mans, mais coorganise aussi le World Endurance Championship (WEC : championnat mondial de course d’endurance).
Un championnat
Peter Auto met également en place un championnat dont Le Mans Classic est une illustration. Ces courses ont lieu sur plusieurs des grands circuits d’Europe : Le Castellet, Spa-Francorchamps, Dijon, Estoril, Imola. Ces séries (Historing Racing) sont rebaptisées Le Mans Classic Series. En 2026, les courses de séries GT3, des modèles allant de 2006 à 2013, seront également lancées.
"Les participants sont des écuries de niveau professionnel avec de gros moyens. Ils viennent d’un peu partout en Europe, voire du monde", indique Marc Ouayoun. Les événements de Peter Auto attirent les passionnés, des nostalgiques des courses de leur jeunesse également. Ce sont aussi des lieux pour réseauter avec des personnes qui ont des moyens pour investir, dans le sport ou le patrimoine automobile, ou dans autre chose…
De l’ancien avec des carburants innovants
"Nous ne sommes pas passéistes, nous nous inspirons plutôt du passé pour faire évoluer les technologies et pratiques, affirme Marc Ouayoun. Nous travaillons avec un patrimoine durable puisque ce sont des voitures entretenues qui ont été fabriquées il y a 50 ans, 70 ou 80 ans. Nous travaillons également main dans la main avec Aramco (première compagnie pétrolière au monde en volumes, basée en Arabie Saoudite, et sponsor officiel, NDLR) depuis deux trois ans, pour mettre au point un carburant de synthèse qui soit adapté pour les moteurs d’origine des véhicules de courses anciens."
Jusqu’ici, l’offre n’existe pas. Déjà deux plateaux sont à 100 % en carburant synthétique ; pour deux autres, son utilisation est fortement incitée. L’objectif, selon le directeur ; est d’avoir en 2030 "l’intégralité des plateaux avec du carburant de synthèse". Ce qui permettrait de réduire de 70 % les émissions carbone. Pour un événement comme Le Mans Classic, cela représente entre 25 000 et 35 000 litres de carburant synthétique.