Le point de conjoncture établit par la filière BTP du Rhône oscille entre satisfecit général et craintes particulières. « Sur ce deuxième trimestre, la majeur partie des voyants sont au vert, résume Samuel Minot, président de la fédération du BTP du Rhône élu en janvier dernier à la suite de Gilles Courteix. Le taux de crédit reste bas tandis que la fiscalité attrayante sur le logement entraîne une bonne dynamique dans le neuf, lequel représente un quart de l’activité ».
Même la rénovation, en peine depuis des années, reprend des couleurs, s’enthousiasme le président, créant un « effet positif sur l’intérim et les emplois en CDD et CDI », lesquels enregistrent presque deux points de croissance par rapport à l’année dernière sur la même période.
Mises en garde
Voilà pour le satisfecit. Le secteur se dit en revanche préoccupé par le ralentissement qui se profile en amont de la filière, notamment les réservations dans le logement collectif dans les 6 à 18 mois. Ainsi selon les chiffres fournis par la DREAL, la région Auvergne–Rhône-Alpes enregistre une baisse des réservations dans le logement collectif de 11 % entre le 2ème et le 1er trimestre 2017. Idem concernant les mises en chantier, au niveau du département du Rhône. Après une hausse de +8,4% de logements mis en chantier en avril 2017 (cumul sur 12 mois), les chiffres dégringolent à -0.8% en juillet (cumul sur 12 mois). De la même façon, les prêts à taux zéro distribués dans le Rhône et la Métropole ont été divisés par 2 entre fin 2016 et début 2017.
Inquiétudes également pour les entreprises de la rénovation thermique « un secteur qui ne décolle pas, alors qu’un ministère lui est dédié». Pire « le CITE, crédit d’impôt pour la transition énergétique, exclu désormais les changements de menuiseries. Quelques jours après cette annonce, les artisans déplorent déjà des premières annulations de commandes » souligne Samuel Minot.
Des éclaircies espérées
Le successeur de Gilles Courteix à la tête du BTP du Rhône concède toutefois des avancées. Son équipe s’est penchée sur le Plan Logement 2018-2022 établit le 22 septembre. Elle y voit plusieurs points de nature à stimuler le secteur. Au premier rang desquels la stabilité dans les quatre prochaines années des dispositifs initiés par le précédent mandat. Dont le maintien du dispositif Pinel (« il apporte une réelle visibilité aux acquéreurs, ce qui va les conduire à ne plus attendre avant d’investir. On s’attend à ce que la dynamique de la construction reparte dans les zones tendues »), mais aussi la prolongation du PTZ sur les quatre prochaines années.
La fédération regrette toutefois que désormais seules les zones urbaines tendues soient concernées. « Un primo-accédant voulant faire construire à Bourg-en-Bresse ne bénéficiera plus du taux zéro » regrette le président.
Ce dernier fait part de son contentement enfin devant les mesures prises pour faire baisser la pression sur le foncier, très forte dans le Rhône : l’abattement fiscal sur les plus-values de cession en zones tendues ou la libération des terrains publics. Samuel Minot salue enfin la simplification des normes, « une mesure qui aura un impact positif sur le coût de la construction, ainsi que sur les délais de réalisation des bâtiments ».