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La confiance des entreprises bretonnes au plus bas
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La confiance des entreprises bretonnes au plus bas

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Après un premier semestre 2026 marqué par un recul de l’activité et de la rentabilité, les dirigeants bretons abordent la fin de l’année avec pessimisme, ce qui est assez inédit. Les entreprises ralentissent sur les investissements et leurs perspectives restent floues.

Jean-Pierre Rivery (CCI Bretagne), Claudine Hurman (Banque de France en Bretagne), Florent Saint-Cast (Banque de France en Bretagne) et Tristan Picard (Insee Bretagne) ont présenté à Rennes en juillet les perspectives des entreprises pour fin 2026 — Photo : Virginie Monvoisin

Face à un contexte géopolitique international pesant et au retour de l’inflation, l’économie bretonne donne des signes de ralentissement pour le second semestre 2026. C’est le principal enseignement des analyses menées à la fois par la Banque de France en Bretagne, la CCI Bretagne et l’Insee Bretagne. Pour les trois structures, le conflit au Moyen-Orient, la hausse des coûts de l’énergie, les tensions sur les approvisionnements, une consommation des ménages qui s’essouffle et l’incertitude liée à l’élection présidentielle de 2027, alimentent les inquiétudes.

Moins d’un chef d’entreprise sur dix entrevoit une amélioration

"Le niveau de confiance atteint son plus bas niveau depuis la création de cette enquête en 2019, indique Jean-Pierre Rivery, président de la CCI Bretagne. Moins d’un dirigeant sur dix (9,8 %) attribue une note d’au moins 8 sur 10 à ses perspectives". D’après l’enquête menée par la chambre consulaire, les perspectives pour la fin de l’année 2026 sont orientées à la baisse. Seuls 12,6 % des chefs d’entreprise anticipent une hausse de leur chiffre d’affaires, contre 39,3 % qui prévoient un nouveau recul, après un début d’année déjà en baisse. Sur la rentabilité, ils ne sont plus que 7,7 % à espérer une amélioration, alors que 43,3 % anticipent une dégradation.

Une entreprise sur deux a enregistré un recul d’activité

L’enquête semestrielle menée par la CCI Bretagne confirme cette dégradation. Près d’une entreprise sur deux déclare un chiffre d’affaires en baisse au premier semestre 2026, tandis que seules 16,5 % constatent une progression, soit quatre points de moins qu’il y a six mois. La tendance est la même du côté de la rentabilité : plus de la moitié des dirigeants (53,7 %) indiquent une dégradation de leurs marges, en hausse de cinq points par rapport à la précédente enquête.

Des PME et ETI financièrement solides en 2025

Pourtant, les entreprises bretonnes avaient terminé l’année 2025 sur des notes davantage positives, d’après les constats de la Banque de France en Bretagne. Après un recul de 1,4 % entre 2023 et 2024, le chiffre d’affaires dans l’industrie a progressé de 2,6 % entre 2024 et 2025. "Les marges s’améliorent (+ 7 % sur un an) mais les ratios d’endettement et la capacité de remboursement se dégradent légèrement", précise toutefois Florent Saint-Cast, responsable des affaires économiques régionales à la Banque de France en Bretagne. L’industrie résiste mieux car elle est portée par des filières comme la défense, l’aéronautique ou l’agroalimentaire.

Dans les services, la croissance a commencé à ralentir, avec une baisse des investissements dans ce secteur. "Mais elles ont un bon niveau de trésorerie, souligne Florent Saint-Cast. Dans le bâtiment, malgré un recul de l’activité de 0,7 %, les entreprises affichent quand même une structure financière solide".

Appel à la simplification pour favoriser l’investissement

Il faut dire que les entreprises ont appris à s’adapter aux crises successives. "Les entreprises réagissent, protègent leurs équipes et refusent de se laisser abattre. La Bretagne est résiliente, grâce notamment à ses filières et à leur variété", indique Jean-Pierre Rivery, président de la CCI Bretagne.

Les dirigeants privilégient désormais les économies, la renégociation des contrats fournisseurs et la préservation de leur trésorerie, quitte à différer certains projets de modernisation. Près de 44,5 % des entreprises déclarent avoir reporté ou annulé des projets. "Nous appelons l’État à lever les barrières administratives pour aller vers la simplification, insiste le président de la CCI Bretagne. Car les investissements reportés aujourd’hui, c’est de la compétitivité en moins demain", estime-t-il. C’est notamment dans le commerce que l’on constate le plus de recul des projets d’investissement. Les baisses de chiffres d’affaires sont fréquentes, car le secteur est directement dépendant du pouvoir d’achat des ménages, en baisse.

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