La Cité de la dentelle : Plus qu'une vitrine?

La Cité de la dentelle : Plus qu'une vitrine?

100.000 visiteurs sont attendus chaque année à la Cité de la dentelle de Calais qui vient d'ouvrir ses portes. Dans le même temps, le livre «Qui veut tuer la dentelle de Calais?» scrute de près cette industrie centenaire.

La Cité internationale de la dentelle et de la mode ouvre ses portes ce mois-ci. Attendu depuis une vingtaine d'années, cet événement est l'occasion de mettre un coup de projecteur sur l'histoire industrielle de la dentelle à Calais, une ville devenue spécialiste en la matière, de ses origines au début du XIXesiècle jusqu'à aujourd'hui, voire demain grâce à des représentations de ce que pourrait être la dentelle du futur.




Un catalyseur la dentelle calaisienne

Pour les quelque 8 dentelliers que compte encore Calais, cette Cité constitue surtout une vitrine intéressante qui va mettre en avant leur savoir-faire. Les 30millions d'euros investis dans ce projet donneront peut-être un nouveau souffle à ce métier qui connaît quelques difficultés. «C'est un très bel outil, tout dépend maintenant de la communication qu'il y aura autour. J'espère aussi que la cité drainera beaucoup de visiteurs qui profiteront aux commerces calaisiens», commente Bernard Blanquart, dirigeant de Conetex Textile, une société qui confectionne puis vend de la lingerie ainsi que du prêt-à-porter à partir de la dentelle de Calais. Pour l'année 2010, la Cité ambitionne d'atteindre les 100.000visiteurs.




L'organisation de la cité

Construite dans l'ancienne usine Boulard, rénovée pour l'occasion, La Cité se déploie sur 7.800m² et arbore un look résolument moderne avec sa façade en verre sérigraphié. Près de 2.500m² sont réservés aux expositions permanentes et 500m² à des expositions temporaires. Ces deux espaces seront complétés par un auditorium, une salle de défilés, des ateliers d'initiation, des espaces dédiés à la profession, un centre de ressources... La Cité comporte également une boutique dans laquelle sera vendue la dentelle produite par les cinq métiers leavers du musée.




«Qui veut tuer la dentelle de Calais?»

Les trois coups de la Cité résonnent tout juste au moment où sort l'ouvrage «Qui veut tuer la dentelle de Calais?» aux éditions Les Lumières de Lille. Cette enquête, conduite par Thierry Butzbach et par Morgan Railane, journalistes en presse économique et en presse spécialisée, scrute de près les évolutions de la dentelle de Calais dans le temps et dans ses coulisses. Les deux auteurs ont articulé leur travail autour d'une question centrale: la dentelle a-t-elle encore un avenir? «L'industrie locale est en voie d'extinction. Les fabricants peinent toujours à s'organiser pour former un front uni. Les marques de lingerie étouffent financièrement leurs fournisseurs dentelliers», analysent les journalistes. Pointant du doigt le statut social des tullistes qui a plombé les comptes ainsi que la concurrence asiatique, ils mettent sur le devant de la scène de nombreuses questions qui entourent l'ouverture de ce site. Les ambitions sont multiples: carte de visite pour les dentelliers, atouts touristiques pour la ville, ce musée veut être plus qu'une vitrine. Le futur dira si l'avenir de l'industrie dentellière se conjugue doublement entre la Cité et les fabricants de la place.