Quarante ans déjà que la couleur brique de l'usine Kerneos tranche sur le fond bleu gris du littoral dunkerquois. Et si derrière ses murs, tout n'a pas été rose ces dernières années, l'entreprise centenaire, dont le siège est à Paris, fait bonne figure malgré un contexte difficile. Spécialisée dans les ciments spéciaux et les liants de performance à base d'aluminate de calcium, Kerneos a dû faire face ces dernières années à la crise qui a particulièrement touché le marché de la construction et des travaux publics. « Le marché s'est écroulé en France, résume Jean-Marc Bianchi, le président de Kerneos France. En Europe, il a perdu 40 % par rapport à 2005. Il nous faut nous battre sur la qualité et l'innovation, et aller chercher de nouveaux marchés. »
De nouveaux produits
Malgré les difficultés, Kernoes continue d'investir. Elle a ainsi lancé cette année un nouveau produit, le Ternal RG-S, une version actualisée du Ternal RG, inventé à Dunkerque il y a vingt ans. Amélioré, le liant garantit désormais une très grande longévité au produit fini. L'industriel met également en avant ses dernières créations, des liants hyper-réactifs, qui prennent quelques minutes, contre une demi heure pour les formules traditionnelles. Le cimentier développe également de plus en plus de produits multi-usages. « 10 % de notre gamme ont moins de cinq ans, et nous avons lancé soixante nouveaux produits ces huit dernières années », se félicite Jean-Michel Bianchi. Une preuve, pour le dirigeant, qu'il n'y a « pas de fatalité » en France, malgré les difficultés.
Plus de BtoB
Le signe, surtout, d'un repositionnement du fabricant, très connu pour son produit centenaire, le Ciment Fondu, et qui se concentre désormais vers des domaines plus techniques, comme les liants et la chimie du bâtiment. Avec une approche davantage orientée BtoB, et des produits conçus pour raccourcir la durée des chantiers, tout en en diminuant la nuisance pour le voisinage. La réduction de la pollution de l'air intérieur et de l'empreinte carbone des chantiers, sont également un axe de recherche pour Kernéos.
90 % du chiffre à l'export
Très présente en Allemagne, son meilleur marché, Kerneos vend ses produits, au travers de filiales commerciales, dans cent pays. L'export représente d'ores et déjà 90 % de son chiffre d'affaires, qui a atteint 373 millions d'euros en 2014, mais Kerneos veut encore étendre son périmètre de vente, en particulier vers les pays émergents. Le cimentier compte onze sites industriels dans le monde, comme en Chine, au Brésil, aux États-Unis, en Turquie ou en Afrique du Sud. Une nouvelle usine devrait bientôt ouvrir en Inde. Kerneos possède également deux centres de développement, quatre laboratoires et deux centres de recherche, l'un en France, l'autre en Chine.
Une production en hausse
À sa création en 1975, l'usine de Dunkerque employait 50 personnes et ne fabriquait qu'un seul type de produit. Aujourd'hui, elle compte 70 salariés et produit une douzaine de références différentes. La première année, la production atteignait les 58.000 tonnes. Elle a crû régulièrement, jusqu'à un pic d'activité en 2007, juste avant la crise, à 301.000 tonnes. En 2010, la production est retombée à 251.000 tonnes, et repart lentement à la hausse : en 2015, l'usine de Dunkerque aura sorti 260.000 tonnes, sans savoir si les niveaux d'avant la crise pourront être réatteints un jour.
Kerneos Site de Dunkerque) Dirigeant France : Jean-Michel Bianchi Dirigeant site : Olivier Papernot 70 salariés CA groupe 2014: 373 M€
L'usine Kerneos de Dunkerque fête cette année ses quarante ans. Fer de lance du groupe, elle l'a accompagné dans ses évolutions au fil du temps.
Cette usine est aujourd'hui le creuset de nombreuses innovations techniques du groupe.