La petite entreprise Kaïdoz Plaisance, fabrique depuis 2007 des voiliers haut de gamme et décapotables à Saint-Philibert. Elle ressent la crise de plein fouet. L'entreprise, qui a réalisé 785.000€ de chiffre d'affaires pour sa première année, accuse 200.000€ de perte. Sur six bateaux commandés, quatre n'ont pas trouvé preneur. «Nous avons 600.000€ de bateaux en stock. Depuis juin, on ne vend plus rien! Comme la majorité des chantiers de construction de bateaux...», se désole l'architecte Jean-Louis Berthomieu, dirigeant de Kaïdoz Plaisance. L'impact de la crise sur son entreprise a fait l'objet d'un reportage sur France 2, dans l'émission "A vous de juger" animée par Arlette Chabot le 13novembre dernier. «Nous avions un gros souci de trésorerie», rappelle-t-il. «Nous avons demandé à notre banque, le CIC, d'augmenter notre découvert et de passer à 50.000 €. Nous avons reçu une lettre nous interdisant tout découvert et nous donnant 60 jours pour remettre les compteurs à zéro.» Si, à Nantes, le conseiller de Kaïdoz est dans l'impossibilité de s'exprimer, en raison du secret professionnel, le service communication confirme pourtant que la part d'accès aux crédits des entreprises n'a pas diminué. «On ne finance pas tous les types de dossiers, mais on joue notre rôle», ponctue-t-on au siège du groupe à Nantes.
1,1M€ de fonds propres
Jean-Louis Berthomieu et son associée Emmanuelle Beauchard ont investi sur leurs fonds propres 1,1M€ au démarrage (fabrication des prototypes, achats immobiliers). Aujourd'hui, la situation met en péril le travail, direct et induit, de 25 salariés, dont cinq sur le site de Saint-Philibert. «On a recapitalisé la société à 150.000€ il y a peu», précise Emmanuelle Beauchard, insistant sur une gestion au plus près des dépenses, «comme un artisan». À l'annonce du reportage sur France2, la réaction de la banque est immédiate. Le directeur régional de CIC propose d'étudier, en participation avec une autre banque, un prêt en fonds de roulement de 400.000€. «De quoi tenir jusqu'à la vente des bateaux», se rassure Jean-Louis Berthomieu. Malgré un rendez-vous, avec le directeur de la Banque de France du Morbihan, sur appel du cabinet du ministre de l'Économie Christine Lagarde, et de nombreuses garanties d'Oséo, aucun accord n'a pourtant été trouvé. Ni sur les 40.000€ nécessaires pour financer le salon de Paris, ni sur les 400.000€ de prêt. Jean-Louis Berthomieu, qui se pose la question de continuer, compte sur des commandes, misant également sur des rencontres avec des industriels repreneurs ou capitaux-risqueurs au salon Nautic.
Le concepteur et fabricant de bateaux Kaïdoz à Saint-Philibert, qui ne trouve aucun terrain d'entente avec sa banque, compte sur le salon Nautic de Paris pour relancer les commandes et renflouer sa trésorerie.