Hématologue, directeur de l'Institut Bergonié, président honoraire de l'université Victor Segalen, directeur du Cancéropole Grand Sud-Ouest, président délégué de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer, membre du Conseil d'analyse de la société, adjoint au maire de Bordeaux et président de la Maison de l'emploi. Josy Reiffers l'admet: il pourrait faire partie des classements des ?cumulards? qui fleurissent dans la presse depuis la rentrée. Et, étonnamment, quand il énumère les fonctions et mandats qu'il a occupés durant sa carrière, tout y passe, sauf... son mandat électoral à la mairie de Bordeaux! Car Josy Reiffers est avant tout un médecin.
Souvenirs douloureux du service d'hématologie
Chef de clinique à 28 ans, ce fils d'un chirurgien-dentiste et d'une viticultrice a installé à Bordeaux la première unité de greffe de moelle osseuse en Aquitaine. Si sa spécialité, l'hématologie, le passionne, elle lui laisse également des souvenirs douloureux: «Il s'agit d'une discipline où l'on ne guérit pas tout le monde, explique-t-il avec pudeur. Après quelques années, j'étais fatigué. Je me suis donc tourné vers la recherche et la direction de l'université». Josy Reiffers est élu président de l'université Victor-Segalen BordeauxII en 1997. À la tête de cet établissement de 2.000 personnes, il fait germer les dossiers du génopole, de l'Institut de la science de la vigne et du vin, l'extension de la fac de pharmacie et la réfection des locaux situés place de la Victoire. Homme de principe, il soutient son ministre de tutelle, Claude Allègre, quand celui-ci est poussé vers la sortie. «En ce qui concerne l'université, il a fait de bonnes choses».
Pour l'autonomie des universités
Quand, quelques mois plus tard, on lui demande d'intégrer le cabinet de Luc Ferry, nouveau ministre de l'Éducation nationale, Josy Reiffers ne se fait pas prier. «Je suis monté à Paris avec l'idée de faire voter une loi sur l'autonomie des universités. Le gouvernement disposait d'une majorité écrasante, les présidents d'universités étaient favorables au texte et le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, m'avait dit tout le bien qu'il pensait d'une telle réforme quelques mois plus tôt. Ça devait se passer comme sur des roulettes... et pourtant nous avons fini par retirer le texte». Les syndicats, qui protestent contre la réduction des moyens que souhaite le gouvernement, s'opposent à l'autonomie et font capoter le projet. Josy Reiffers en garde une certaine amertume. «Luc Ferry et moi-même étions issus de la société civile, donc sans poids politique. Et les cabinets des ministères sont remplis de fonctionnaires issus de Polytechnique, de l'ENA ou de Sciences Po qui n'hésitent pas à vous glisser des peaux de bananes quand vous n'êtes pas de leur ?famille?». De retour à Bordeaux, Josy Reiffers est nommé directeur de l'Institut Bergonié, centre régional de lutte contre le cancer de Bordeaux et du Sud-Ouest, où il mène une politique des grands travaux.
Trois vignobles familiaux
Adhérent, depuis 5 ans, au Parti radical valoisien, «non associé avec l'UMP» (il y tient), l'hématologue accepte de rejoindre l'équipe d'Alain Juppé lors des municipales de 2008. La raison de cet engagement: la volonté de travailler avec l'ancien Premier ministre, mais aussi de tirer vers le haut sa ville, Bordeaux. Car Josy Reiffers est imprégné de la culture du Sud-Ouest. Les nombreux cadres affichés dans son bureau en attestent: l'homme est passionné de corrida. Il apprécie également le rugby, les palombes, le Bassin d'Arcachon et les vignes familiales, situées sur l'AOC Saint-Emilion (Les Grandes murailles, Clos Saint-Martin et Côte de Baleau). Et malgré son emploi du temps surchargé, il consacre toujours une demi-journée à la médecine, en recevant des patients en consultation.
Médecin très attaché à la culture du Sud-Ouest, Josy Reiffers dirige l'Institut Bergonié, centre de lutte contre le cancer. Hier au ministère de l'Education nationale, aujourd'hui à la mairie de Bordeaux, cet homme d'action essaie de faire avancer les dossiers qu'il juge essentiels.