Jérôme Tré-Hardy :
« Je ne vois pas ce que la French Tech peut m'apporter dans mon quotidien de dirigeant d'entreprise ; ni d'ailleurs ce que moi-même je peux lui apporter. J'ai assisté aux soirées de lancement, je suis allé sur internet, j'ai rempli un formulaire pour me faire connaître et je n'ai aucune suite ! Je suis pourtant déjà impliqué dans Rennes Initiative, l'Annexe de la Cantine numérique rennaise au travers du programme de mentoring du Booster... Après trois premiers exercices rentables, notre site maPlatine.com (Ndlr, vente en ligne de platines vinyles depuis Rennes) a réussi à se hisser dans les 3,5 % des sites d'e-commerce français qui réalisent plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires (source Fevad 2014). Nous avons créé cinq emplois et venons de lancer maChaineHiFi.com avec de fortes ambitions, y compris à l'international, et l'envie de continuer à se développer sur notre territoire breton auquel nous sommes attachés. À l'horizon 2020, nous ambitionnons quatre à cinq fois ce que l'on réalise aujourd'hui. J'estime, en toute humilité, être un acteur du e-commerce sur le bassin breton qui compte et je ne me sens pas du tout impliqué dans ce projet de French Tech. Pour ma part, après plus de quatre mois depuis l'obtention du label, celui-ci me paraît très peu lisible pour un simple entrepreneur comme moi. Je suis prêt à m'investir, mais je ne sais pas ce que la French Tech Rennes attend de moi. De mon côté, j'en attends que cela crée des liens entre tous les acteurs du bassin rennais, un lieu de partage de bonnes pratiques, un guichet unique et des aides financières pour pouvoir se développer, enfin une visibilité grâce à un label qualité et pourquoi pas une charte éthique. Aujourd'hui, je ne vois pas de quoi je pourrais me recommander. »
La French Tech ne fait pas l'unanimité. Malgré le discours d'unité affiché et les bonnes intentions, des voix critiques commencent à s'élever. Quelques mois après les premières labellisations de métropoles, des dirigeants d'entreprise n'en perçoivent pas les contours encore flous, ni le travail effectué. A Rennes, le cofondateur du site de vente en ligne de platines vinyles "maPlatine.com", pourtant acteur local du numérique en plein essor, ne voit pas ce que ce label peut lui apporter et inversement, malgré sa volonté de contribuer à cet "écosytème", diffus à ses yeux. Le nouveau DG de la French Tech Rennes, Stanislas Hintzy, a encore du pain sur la planche...