Jea
n-Michel Becquet, vous êtes le directeur général de JEC depuis 2012. Vous avez dû déposer le bilan en juillet 2013. L'entreprise a redémarré en février dernier, avec un nouvel actionnaire qui a souhaité vous maintenir à votre poste. Pourquoi ?
J'ai été nommé directeur général de JEC, à Villefranche-sur-Saône, en mai 2012 par le fonds d'investissement lyonnais Orfite. J'étais missionné pour redynamiser cette entreprise qui fabriquait des meubles de rangement en acier. Mais franchement, je ne m'attendais pas à ça. L'étendue des dégâts était telle qu'on a été obligé effectivement de déposer le bilan l'été dernier. Mais j'ai vraiment eu un coup de coeur pour cette entreprise, ses savoir-faire et son équipe. Je me suis battu tout au long du deuxième semestre pour trouver un nouvel investisseur. C'est finalement le groupe financier Phoenix, spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté, qui s'est intéressé à nous. Le nouvel actionnaire a insisté pour que je garde la direction générale. Cela me convenait parfaitement !
À quoi avez-vous dû faire face en prenant les rênes de l'entreprise ?
JEC déplorait 1 M€ de pertes en 2012, pour 4 M€ de chiffre d'affaires. En 2013, sans déposer le bilan nous aurions dû enregistrer 700.000€ de pertes pour un chiffre d'affaires de 5 M€. L'outil industriel était complètement obsolète, JEC n'avait pas sorti de nouveau produits depuis plus de 15 ans ! L'entreprise s'était complètement endormie.
Quelles sont vos solutions pour la réveiller ?
Nous produisons en France avec du personnel qualifié. Nous n'avons donc pas les moyens de faire du low-cost. Notre seule issue est d'innover. D'ici 3 ans, nous développerons une dizaine de nouveaux produits.
Ne prenez-vous pas un risque en sortant autant de nouveaux produits simultanément ?
C'est en effet très ambitieux, mais nous n'avons pas le choix, il y a urgence. Nous axons notre politique d'innovation sur le QUID, c'est-à-dire la qualité, l'innovation et le design. Notre premier nouveau produit, baptisé "Mode d'emploi", a été lancé il y a quelques semaines. Il s'agit d'un espace de travail répondant aux besoins du développement du travail à domicile. Néanmoins, notre client reste bien l'entreprise, qui ensuite redispatche à ses salariés travaillant en home-office. Pour développer notre image de marque, il faut que nous proposions des produits qui n'ont pas d'équivalent sur le marché, qui ont une fonctionnalité différente facile à démontrer.
Quels sont vos objectifs ?
L'objectif prioritaire est la rentabilité. Cet objectif passe forcément par de l'investissement dans notre outil de production. Un investissement de 250.000€ est programmé en 2014 et de 500.000€ en 2015. On vise l'équilibre, dès cette année, avec un chiffre d'affaires de 4,5 M€ sur 10 mois. D'ici 4 ans, nous pensons atteindre 10 M€ grâce notamment à nos nouveaux produits. Nous envisageons de sortir de notre terrain de jeu habituel du tertiaire pour toucher de nouvelles cibles telles que l'hôtellerie ou le milieu éducatif.
JEC
(Villefranche-sur-Saône) Directeur général : Jean-Michel Becquet 47 salariés CA 2013 : 5 M€ www.jec.fr