Quel bilan faites-vous de 2009?
Les quelques inquiétudes ont été moins fortes qu'on ne l'a dit. Je trouve que les tendances sont meilleures que prévues. D'habitude la croissance est tirée par la consommation des ménages. Aujourd'hui l'industrie doit prendre le relais et tirer cette croissance avant d'être impactée par la masse des chômeurs.
Quels sont les secteurs qui ont tiré leur épingle du jeu?
L'industrie agroalimentaire fait preuve d'une bonne résistance du fait d'une présence à l'international notamment. Nous devons retrouver des équilibres entre l'agriculture et les industries de la transformation. Le système doit être durable. Dans le naval, nous avons la chance que le plan de charge de la DCNS assure de l'activité jusqu'en 2022. C'est une bonne nouvelle pour les sous-traitants également.
Quels ont été les secteurs en souffrance?
La métallurgie, et les activités de sous-traitance automobile vont toujours mal. Le nautisme a vécu une année de turbulences. La restructuration de Plastimo, la fermeture de Kelt. Le point positif est la présence d'Alliaura au Rohu, qui prévoit une centaine d'emplois à fin 2010. Concernant la pêche, les inquiétudes demeurent quant au texte sur la pêche en grands fonds. D'autant que 70% du tonnage du port de Lorient est concerné par cette problématique. La volonté de l'Europe semble inquiétante.
Pensez-vous que les relations avec les banques ont été plus difficiles?
On sait que les encours de prêts sont en hausse. Les banques prêtent plus. Mais les chefs d'entreprises nous disent que les accès aux prêts requièrent de plus en plus de garanties. La répartition des prêts reste donc à vérifier. Les banques prêteraient-elles uniquement aux dossiers très sûrs? Je pense que beaucoup de chefs d'entreprises n'arrivent pas encore à financer leurs projets.
Pour 2010, que prévoyez-vous?
La crise donne une première leçon aux entreprises qui ne sont pas suffisamment armées et qui manquent de réactivité. Le développement à l'international est aussi facteur de réussite en temps de crise. Le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine ne sont pas en récession! Il ne faut pas non plus oublier l'innovation, que ce soit dans les produits, les services, le management, les process, le commercial... Pour gagner des parts de marché, il faut innover!
Président de la CCI du Morbihan, Jean-François Le Tallec livre sa vision de l'année qui vient de s'écouler.