Puy-de-Dôme
"Je veux inviter nos politiques à baigner dans notre quotidien de chef d’entreprise"
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Valérie Monier présidente de la CPME 63 "Je veux inviter nos politiques à baigner dans notre quotidien de chef d’entreprise"

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Valérie Monier a pris début mars la tête de la CPME 63, la Confédération des petites et moyennes entreprises du Puy-de-Dôme. Chef d’entreprise depuis plus de 20 ans dans le numérique, elle succède à Jean-Philippe Paillon à la présidence de l’organisation patronale avec un esprit "combatif et positif".

Valérie Monier, nouvelle présidente de la CPME 63, est aujourd’hui consultante en management et informatique, après avoir vendu sa société de services informatiques Blizz, qui a compté jusqu’à dix salariés — Photo : CPME 63

C’est la première fois que la CPME 63 élit une femme à sa tête. Est-ce le signe d’une reconnaissance du rôle des femmes dans l’économie locale ?

Je suis la première femme présidente depuis la création de la CPME 63 il y a 40 ans, donc forcément cela interpelle. Mais on se rend compte que les mentalités évoluent. Cette question de femme ou d’homme n’est d’ailleurs même plus un sujet pour les nouvelles générations. Ma nomination a été très bien accueillie. Mais nous avons encore des progrès à faire car on ne compte que 33 % de femmes chefs d’entreprise et seulement 15 % dans les entreprises de plus de dix salariés. Il faut convaincre les femmes de se lancer, d’oser entreprendre et porter cette parole dans les lycées et les universités afin de faire naître des vocations. Je souhaite aussi féminiser davantage l’organisation, notamment notre conseil d’administration.

Quel est le poids de la CPME 63 aujourd’hui et quelles sont vos ambitions ?

Nous sommes une organisation reconnue, puisque nous avons aujourd’hui 700 adhérents qui représentent près de 10 000 salariés sur le département. Ce sont, pour moitié, des entreprises de services, viennent ensuite le commerce à 25 %, puis l’industrie et l’artisanat. Le point positif, c’est que nous avons doublé le nombre d’adhérents en trois ans. Dans un contexte compliqué, les chefs d’entreprise ont besoin de soutien, de rompre l’isolement et de se confronter à d’autres expériences. Ils viennent chercher du conseil, de l’expertise, de l’échange… Cependant, il y a encore des marges de manœuvre puisque notre département compte 7 200 PME. Nous voulons notamment attirer des industriels. Nous avons des pépites sur le territoire que nous voulons mettre en avant.

"L’objectif est de lancer des opérations "Vis ma vie" d’une demi-journée afin de les sensibiliser"

Lors de votre investiture, vous avez indiqué vouloir insuffler un nouveau souffle à l’organisation, quelles actions comptez-vous mettre en place ?

Je veux inviter nos politiques, ceux qui proposent et promulguent les lois, à baigner dans notre quotidien de chef d’entreprise. L’objectif est de lancer des opérations "Vis ma vie" d’une demi-journée afin de les sensibiliser. Cela leur permettrait de comprendre la complexité des normes, le poids des charges et des procédures… Nous ne demandons pas d’aides mais une simplification des règles. Et puis, je souhaite aussi multiplier les lieux de rencontres entre chefs d’entreprise sur tout le territoire. Ne pas rester seulement à Clermont-Ferrand, mais aller à Issoire, Riom, Ambert ou Thiers pour faire découvrir notre tissu local de PME.

Comment analysez-vous la période économique actuelle et quelles sont vos priorités ?

Il y a beaucoup d’attentisme lié au ralentissement économique, mais aussi à l’instabilité politique. Or, nous avons besoin de stabilité et de vision. Il risque d’y avoir des soucis de trésorerie dans les prochains mois. Nous devrons renforcer l’accompagnement des TPE et PME face à ces enjeux et notamment sur la problématique des délais de paiement. C’est l’une de mes thématiques fétiches avec la transformation numérique. Sur ce point, nous allons mener des actions très ciblées sur l’IA (intelligence artificielle, NDLR) avec des partenaires locaux pour aider les entreprises à se servir de ces outils et à passer le cap.

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