Jazz à Vienne : Le festival fait swinguer la ville
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Jazz à Vienne : Le festival fait swinguer la ville

Le festival Jazz à Vienne fête cette année sa trentième édition, du 25juin au 9juillet. Avec 90.000 spectateurs et 150.000 festivaliers, cet événement culturel a des répercussions sur la vie économique locale.

Vienne action culturelle, l'association loi 1901 qui organise le festival Jazz à Vienne, n'emploie que trois salariés permanents de septembre à décembre. Mais en juin et juillet, l'association compte 180salariés, partagés pour moitié entre intermittents du spectacle (techniciens) et saisonniers, principalement attachés à l'accueil du public au théâtre antique, la scène principale du festival. Sans compter la dizaine de stagiaires et la cinquantaine de bénévoles qui accueillent les artistes. Le budget s'établit à 3,8M€, dont près de 18% de subventions des collectivités locales (la Ville de Vienne, la Communauté d'agglomération du pays viennois, le conseil général et le conseil régional), ainsi que quelques aides d'organismes tels que la Sacem. Les premiers revenus (51%) proviennent de la billetterie, avec une moyenne de 6.000 spectateurs quotidiens sur quinze jours. Les partenariats apportent 9% des recettes. Les 22% restants s'articulent entre le merchandising, le droit de places exceptionnel, les produits annexes,etc. Quant aux dépenses, elles sont constituées en premier lieu par les cachets des artistes (38,5%), puis les frais techniques (25,5%), suivi des frais de fonctionnement (14%) et de la communication (12%). «Nous faisons au maximum travailler les entreprises viennoises», affirme Jo Piccolo, administratrice de Vienne action culturelle. Ce sont ainsi une dizaine de secteurs d'activité qui sont sollicités, de l'entretien au gardiennage, en passant par les hôtels pour l'hébergement des artistes, les restaurateurs pour fournir les repas, les agences de communication ou encore de sons et lumières.




150.000 spectateurs au festival off

Mais au-delà des spectateurs du théâtre antique, la quinzaine draine 150.000 festivaliers sur les spectacles organisés à travers la ville. Ce sont à 70% des spectateurs de la région. Mais aucune action n'a été véritablement menée pour connaître leurs consommations, que ce soit en termes de restauration, d'hébergement, ou autres. Seules quelques estimations permettent d'évaluer l'impact économique des spectateurs de Jazz à Vienne. Ainsi, pendant la quinzaine, les hébergements connaissent un taux de remplissage de 98% sur le Pays viennois, un taux bien supérieur au taux moyen, sans qu'un lien direct puisse être établi avec le festival. Jean-Paul Boutellier, le créateur et directeur du festival, regrette d'ailleurs «l'insuffisance de l'offre hôtelière», quasiment monopolisée pour l'hébergement des artistes. Par contre, il se félicite de «l'écoute plus attentive et favorable» que le festival reçoit de la part des commerçants. Mais il souhaite que «les commerces puissent offrir aux spectateurs des produits plus adaptés, qui ne se trouveraient qu'à Vienne, et que le temps du festival.» L'association des cafés, hôtels, restaurants (HCR) du Pays viennois relève une typologie de clientèle correspondant à celle du festival. Durant cette période, nombreux sont ceux qui s'impliquent en élargissant leurs horaires d'ouverture et en accueillant des concerts du festival off. De son côté, la librairie des Lucioles propose depuis les débuts de Jazz à Vienne, une programmation spéciale en lien avec le jazz, notamment par des rencontres avec des auteurs et des musiciens. Mais son dirigeant, Michel Bazin, avoue que si sur la période «les ventes de livres et de disques de jazz augmentent, ça reste marginal. Nous sommes persuadés que ça nous amène du monde, mais ça n'est pas mesurable. Ce qui nous plaît, c'est que ça participe à l'animation de la ville.»




- www.jazzavienne.com

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