Japon : Une économie qui réussit aux Français
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Japon : Une économie qui réussit aux Français

Une vingtaine de dirigeants d'entreprises françaises reviennent du Japon, dans le cadre d'un voyage co-organisé par le Journal des entreprises. Ils ont pu découvrir l'économie d'un pays dans lequel les entreprises françaises réussissent très bien.

Il fait chaud dans les immeubles japonais et pourtant ils sont bien équipés de systèmes de climatisation. S'il fait chaud, c'est que le gouvernement japonais a décidé, après Fukushima, d'arrêter toute production d'électricité par la filière nucléaire. L'État se prive alors de 30 % de ses ressources électriques et demande aux Japonais, entreprises comme particuliers, de consommer moins pour baisser la facture énergétique. Ce que les Japonais firent et ceci produisit jusqu'à 5 % de baisse de la consommation.




Un paradoxe permanent

Cette anecdote résume bien la mentalité japonaise où le groupe prime sur l'individu et où la responsabilité collective est induite dans le fonctionnement des habitants. Un voyage au Japon à la découverte de l'économie, c'est accepter de vivre un paradoxe permanent. Un peuple travailleur, accueillant, mais peu ouvert aux étrangers. Un peuple conquérant, mais parlant globalement mal l'anglais. Un peuple ayant un sens poussé du service, mais capable de l'oublier quand les règles administratives s'y opposent. Une chose est frappante dans ce pays et dans l'approche des dirigeants, le service et la satisfaction du client. Si la recherche du meilleur produit semble implicite, les Japonais ont une véritable phobie du client mécontent et donc tout est fait pour que celui-ci se sente un privilégié objet de toutes les attentions.




Les Français très présents

À la Chambre de commerce et d'industrie franco-japonaise, Nicolas Bonnardel rappelle que le Japon est le pays où les entreprises françaises réussissent le mieux en Asie. La troisième économie mondiale accueille la majorité des grands groupes français. Il faut par exemple noter l'incroyable fascination des Japonais pour le luxe à la française. Pour s'en convaincre, il suffit de remonter Omotesando, les Champs-Elysées de Tokyo, pour voir nos grandes marques présentes des deux côtés de l'avenue. Il semble de bon ton d'utiliser le français pour créer des marques et particulièrement dans le domaine du goût. Plus de 400 entreprises françaises sont implantées au Japon, la France étant le troisième investisseur étranger du pays alors que le Japon est le dixième investisseur étranger en France.




25 % des brevets mondiaux

Pays du plein-emploi et de la discipline sociale, le pays sort péniblement d'une longue période de récession et semble à la recherche d'un second souffle. On est loin de la démonstration spectaculaire des années 1980 où tout semblait s'inventer au pays du soleil levant. Pour autant, on y dépose encore 25 % des brevets mondiaux et 78 % de la recherche est financée par le secteur privé, celle-ci étant principalement orientée vers la recherche appliquée. Le développement de la Chine tire l'économie japonaise qui en est le premier fournisseur malgré des relations pour le moins complexes. L'Asie dans son ensemble est le premier client du Japon. Pour bien comprendre le fonctionnement japonais, il est intéressant de se pencher sur la vision stratégique de Toyota Tsusho Corporation, la filiale diversification du groupe Toyota qui se donne trois axes de croissance : la mobilité, la terre et ses ressources, ainsi que la vie et la communauté. En dix ans, les deux derniers axes sont devenus aussi importants que le premier, proche du métier historique du groupe.




La vision du monde de Toyota

Au-delà de la diversification apparente, le projet protège le métier d'origine en assurant les conditions de la croissance de ses consommateurs : on améliore le cadre de vie, on résout les problématiques liées aux ressources et on fait évoluer l'organisation des transports automobiles. Une belle illustration d'une vision du monde, de son évolution et de la pérennisation d'une entreprise. Pour le dirigeant de Toyota Tsusho, la maturité de l'Europe rend ce marché moins attrayant, victime d'un phénomène de saturation et d'une baisse des rentabilités. Le dirigeant japonais regarde avec beaucoup plus d'attention un continent africain qui se réveille et qui sera l'un des enjeux d'avenir pour Toyota. Pour y être compétitif, le groupe a racheté récemment le distributeur automobile et pharmaceutique CFAO. « Vous, Français, connaissez parfaitement les mentalités africaines et ce rachat va nous faire gagner du temps et de la compétence », explique-t-on chez Toyota. De son côté le groupe, JVC/Kenwood, leader mondial de l'équipement électronique pour l'automobile, travaille sur la voiture intelligente et sous l'impulsion de son senior vice-président, le Nantais Fabien Grégoire. Celui-ci met le design au centre de l'entreprise et l'utilisateur au coeur des préoccupations de demain. Le Japon est un univers de contraste où l'on côtoie le gigantisme des mégalopoles avec la précision et la douceur de minuscules jardins. Où le modernisme des grands pôles industriels contraste avec la vétusté de certaines usines et où la tradition aide la société à se moderniser sans cesse.

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