«2février 2012, 6h17, je suis appelé sur mon bip de sapeur-pompier pour un feu de bâtiment. Dans le même temps, le Codis (Centres Opérationnels Départementaux d'Incendie et de Secours) m'informe que le sinistre concerne mon entreprise. L'adrénaline retombe. Alors que je m'apprêtais à me mettre au service d'une victime, je suis moi-même devenu cette victime. Je me suis alors rendu directement sur place, sans passer par la caserne. Ce n'était plus le pompier qui agissait, mais le chef d'entreprise. Bien sûr lorsque l'on voit son bâtiment en feu, on se dit que c'est la fin. Mais j'ai rapidement pensé à l'après. Que me faut-il pour redémarrer l'activité? Mes données! Avec un extincteur je suis entré dans le bâtiment et j'ai sorti un premier ordinateur. Après avoir sécurisé la zone, les pompiers m'ont aidé à sortir le reste des ordinateurs et les documents des armoires. On a tout sauvé».
Reprise de l'activité... le lendemain!
«Étant une société de services, nous n'avons pas d'outils de production endommagé. L'activité se faisant surtout chez le client, nous avons ainsi pu redémarrer dès le lendemain après-midi. On a juste dû annuler une formation. Le feu a détruit le pôle administratif, mais notre stock et une salle de formation ont été épargnés. Bien que les ordinateurs aient fondu, on a pu en extraire les disques durs et sauver notre travail. Heureusement que nous avions dispatché nos données sur des CD-Rom et des clés USB qui étaient à l'extérieur de l'entreprise. C'est dans ces situations que l'on mesure alors l'importance de la relation avec son assureur. Sa rapidité a été essentielle. En quelques jours on a pu s'installer dans quatre bungalows. On a reçu également beaucoup de soutien de nos clients, qui nous ont proposés du mobilier. Seul point noir, la lenteur des opérateurs de téléphonie. Ça aurait pu nous mettre à genoux. Nous avons communiqué de façon objective avec les clients, pour leur montrer que nous étions toujours là. En définitive, nous n'avons pas de perte d'exploitation, mais le sinistre aura un impact sur notre croissance, alors que 2011 était une belle année pour nous».
Lente reconstruction
«Maintenant l'objectif c'est de retrouver nos300m². Le bâtiment avait été rénové six mois avant le sinistre... L'extérieur n'étant pas touché, il n'y aurait que la charpente à refaire. L'architecte qui avait rénové le site est prêt à retravailler avec nous. Mais entre les diagnostics, les études de faisabilité, ça va être très long. Je mise sur fin 2012 pour retrouver notre bâtiment. J'ai appris énormément de cette expérience en tant que chef d'entreprise, mais aussi en tant qu'officier sapeur-pompier. Mon approche avec les entreprises victimes n'est plus la même. Un sinistre, c'est sournois. Malgré toutes les précautions prises, personne n'est à l'abri».
Tecc
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