« J'avais depuis longtemps en ligne de mire un de mes anciens apprentis, que je voulais embaucher. J'ai utilisé le contrat de génération pour le faire. Aymeric Rubeillon est venu régulièrement en stage dans l'entreprise depuis six ans : pour son BEP, son Bac Pro puis son BTS. Entre-temps, il a même fait de l'intérim. C'est un jeune sérieux, qui voulait intégrer une entreprise comme la nôtre. Même si ses enseignants l'ont poussé à faire un BTS, il ne voulait pas intégrer de bureau d'étude... Il est passionné par l'usinage, la mécanique de précision. C'est notre métier depuis vingt ans, même si les techniques ont beaucoup évolué depuis 1992 ! Aujourd'hui, un jeune ne sait plus pratiquer le "conventionnel", il n'apprend que les commandes numériques. Dans le contrat de génération, c'est plutôt l'ancien qui devrait apprendre au jeune, le former, mais en réalité, c'est plus un échange de compétences. D'autant que le contrat de génération n'a pas été correctement bordé : on peut très bien embaucher un jeune en atelier pour remplacer le futur départ d'un senior en secrétariat !
Coup de pouce financier
Ce n'est pas notre cas ici, puisqu'Aymeric Rubeillon, 20 ans, travaille en atelier comme le senior, Laurent Catheline, 57 ans. Nous gardons le principe de transmission de savoir-faire. Pour nous, le contrat de génération était en fait une opportunité. Pour pouvoir en bénéficier, il faut embaucher un jeune de moins de 26 ans pour un senior de plus de 57 ans qui partira en retraite prochainement. L'État nous reverse alors 2.000 € par semestre pour le jeune et 2.000 € pour le senior, pendant trois ans. Lorsque j'ai assisté à une réunion d'information à la Maison de l'emploi, de l'entreprise et de la formation (Meef) du Pays de Vitré au printemps dernier, je me suis dit que c'était une bonne solution pour embaucher Aymeric. Nous avons même signé symboliquement l'un des premiers contrats de génération en juin à la Meef en présence du sous-préfet ! À la fin du contrat, le senior partira en retraite et les autres salariés de l'entreprise vont bénéficier de glissements de postes en interne. Chacun va évoluer. Le contrat de génération est financièrement intéressant pour l'entreprise, puisque l'aide entre dans le chiffre d'affaires, le patron n'a pas à le reverser à ses salariés.
Savoir-faire et réactivité
Mais même sans ce contrat j'aurais embauché, car j'en avais besoin. L'entreprise se porte bien, les clients viennent à nous, mais il faut être réactif par rapport à la concurrence d'Europe de l'Est ou d'Asie. Ici, à Vitré, nous travaillons essentiellement avec des entreprises de notre territoire, jusqu'à Châteaubourg : SVA, Cooper, Allflex, Sulky... Nous sommes capables de travailler pour tous les secteurs : agroalimentaire, cosmétique, automobile, armement, médical, matériel agricole... Nous faisons de l'usinage en pièces prototypes, en petites et moyennes séries, en découpe à jet d'eau haute pression, en électroérosion, etc. Pour rester performant, il nous faudra investir, et peut-être que l'argent du contrat de génération pourra alors nous servir. »
Théo Méca
(Vitré)Directeur : Théophile Boué19 salariésCA 2012 : 2,150 M€Tél. : 02 99 75 81 53