« Août 2004, à 28 ans, après un BTS Tourisme, deux saisons au Club Med et quatre ans dans un hôtel en Espagne, j'ai acheté l'hôtel Héliot. Sans apport, j'ai eu du mal à me faire accompagner par une banque. Après avoir remboursé le fonds au bout de sept ans, je pensais souffler mais les règles du jeu ont changé entre-temps, avec de nouvelles obligations de sécurité et d'accessibilité pour les handicapés. De nouvelles normes de classement sont également apparues. »
Des travaux lourds financièrement
« Je ne me voyais pas faire les travaux les uns après les autres et nous avons fermé l'hôtel six mois, deux de plus que prévu au départ. Je n'imaginais pas la difficulté pour avoir un permis de construire à Toulouse, on nous en a refusé deux alors que j'avais pris un architecte et un cabinet conseil ! La deuxième difficulté a été le financement. Nous avons investi en tout 700.000 € HT et comme dans tout chantier il y a eu des dépassements. Comme nous réalisons 200.000 € de chiffre d'affaires, si j'avais eu 50 ans la question ne se posait pas. La BNP et Oséo nous ont financés sur 10 ans. Je voulais garder à l'hôtel une note d'authenticité mais j'ai été obligé de changer toutes les portes et moulures à cause de la sécurité incendie ; bien que j'aie obtenu une dérogation pour l'accès des fauteuils roulants depuis la rue, on m'a imposé une chambre handicapés avec toilettes à retournement. De même, pour les issues de secours à l'arrière qui ne concernent que six chambres, on a été obligés d'installer un escalier extérieur en acier galvanisé qui a coûté 70.000 € ! La loi sur la sécurité, faite dans l'urgence, n'est pas toujours adaptée. Plus de 60 % de l'investissement concerne ces mises aux normes, et cela au détriment de la qualité de déco que j'aurais souhaitée. En plus du coût des travaux, même si l'hôtel était fermé, les charges ont continué. Tous les fournisseurs ont joué le jeu en suspendant les contrats mais j'ai payé le loyer et les deux femmes de chambres, j'ai juste bénéficié de 100 heures de chômage technique. La seule chose que je n'avais pas anticipée, c'est la difficulté à redémarrer l'activité commerciale. »
Un redémarrage difficile
« J'ai rouvert deux mois plus tard que prévu, mi-septembre, et n'ai retrouvé mon niveau normal d'activité qu'en janvier. J'ai récupéré les habitués assez vite mais sur Booking par exemple, j'étais retombé en dernière page ce qui donne un mauvais taux de conversion des clics, le critère qui permet d'être en tête d'apparition ; sur Tripadvisor, nous étions descendus à une 17e place inhabituelle pour nous. Internet est un accélérateur qui fonctionne dans les deux sens ! Je n'ai pas fait d'actions commerciales particulières, juste travaillé mon référencement. J'y passe beaucoup de temps car je suis le "petit" de Toulouse et Internet est ma seule vitrine. Ç'a été l'occasion d'augmenter mes tarifs mais moins que prévu dans le business plan. À ce jour mon prix moyen est en augmentation et je suis en train de faire un mois de février record en hausse de 30 %. J'espère maintenir cette tendance. Une chose est sûre, je suis sorti de cette période de travaux complètement épuisé physiquement et moralement ! »
Hôtel Héliot
(Toulouse) CA 2012 : 200.000 € 2 salariés à temps partiel 05 34 41 39 41 www.hotel-heliot.com