Utiliser l'énergie disponible à faible vitesse, que personne ne récupère, où qu'elle se trouve, puis produire, in situ, de l'électricité à très haut rendement, sans déperdition ? La technologie Save Innovations résoud aujourd'hui un casse-tête. Née fin 2012 de l'incubateur grenoblois Gate 1, la start-up industrielle a breveté un système de mini turbines, fonctionnant à partir de liquides ou de gaz. Cette solution d'alimentation électrique autonome génère de quelques watts à quelques centaines de watts, à l'endroit même où l'électricité est consommée. Elle supprime ainsi toute perte d'énergie, liée au transport - soit, 30 à 40 % du volume initialement produit. Neuf brevets internationaux protègent l'innovation. La start-up passe désormais à la phase concrète d'industrialisation.
Des hydro-générateurs aux "smart water "
Les champs d'applications sont vastes. Pour l'heure, c'est le marché du nautisme, pour l'alimentation des batteries des voiliers, qui a le vent en poupe. « Nous avons vendu nos premiers hydro-générateurs au salon du nautisme à Paris, en décembre dernier. L'industrialisation est lancée, et les premières livraisons sont attendues au printemps 2015, expliquent Bernard Perrière, président et concepteur du procédé, et Gilles Lambinet, directeur du développement. Rien qu'en Europe, le marché représente en continuité quelque 500.000 voiliers à équiper. »
Bientôt à l'eau
Rapidement, les ingénieuses turbines devraient investir le marché colossal des réseaux d'eau, sur lequel la gestion des ressources est erratique. « 30 milliards de m³ d'eau coulent en pure perte, chaque année dans le monde, représentant 10 milliards de dollars. » Ainsi, les turbines, placées sur le réseau en des points stratégiques, alimenteront des " smart water " (capteurs intelligents), contrôlant et régulant les pertes, à moindre coût d'exploitation. À la clé, la résolution d'enjeux écologiques et financiers majeurs. D'autres marchés s'annoncent prometteurs comme les équipements de contrôle pour la pêche industrielle, l'éclairage et le chauffage urbain, la pétrochimie... L'entreprise vise, d'ici fin 2015, 1 millions d'euros de chiffre d'affaires, passant d'un effectif de 7 à 14 salariés.
La start-up grenobloise passe à la phase d'industrialisation de sa solution d'optimisation énergétique.