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Isère : Le nouveau président du conseil général va injecter 100 M€ dans l'économie locale
Isère # Politique économique

Isère : Le nouveau président du conseil général va injecter 100 M€ dans l'économie locale

Pharmacien et gérant d'une officine à la Côte-Saint-André, l'UMP Jean-Pierre Barbier a été élu président du conseil général de l'Isère, succédant ainsi à Alain Cottalorda (PS). Dès son arrivée, le conseiller départemental élu dans la Bièvre a annoncé un plan de relance de 100 millions d'euros en faveur de l'économie.

Q


uelles seront vos priorités à travers le nouveau plan de relance de 100 M€ que vous avez annoncé immédiatement après votre élection ?

Ces 100 millions d'euros vont être injectés dans l'économie locale à différents niveaux : toutes les communes qui signeront des ordres de service entre le 30 avril et le 30 juillet auront une subvention majorée de 30 % afin d'avoir un effet immédiat sur la commande aux entreprises du bâtiment et des TP, ce qui représente 3 à 5M? pour le département. Trois mois, ça peut paraître court, mais on fera le bilan à l'issue de cette période. Nous allons aussi accélérer les travaux départementaux qui sont en stock, comme la rénovation des collèges, des routes départementales et travailler sur les grands projets et travaux qui traînent en Isère depuis de nombreuses années, comme le Rondeau, l'A480.


Comment allez-vous financer ce plan et quel est l'état des finances du département ?

Nous le financerons soit par un emprunt de 100M?, soit par de l'autofinancement, et sans aucune hausse de la fiscalité, car le département est très peu endetté et a une capacité d'autofinancement importante.






Dans quels autres secteurs de l'économie miserez-vous ?

Les orientations qui ont été prises en faveur des hautes technologies vont continuer. Mais l'action du département est aussi de créer un cadre. Et il faut que l'on progresse encore plus rapidement sur la question du numérique, car l'économie du territoire s'en nourrit et l'on ne peut pas se permettre d'être en retard. Même s'il a été divisé de 50 % en 2011, le budget économique reste à près de 15M? par année.


En tant que chef d'entreprise, vous vous montrez proche des acteurs économiques...

J'ai un parcours de pharmacien, mais aussi la gestion d'une officine de 12 salariés. C'est une petite entreprise, car j'ai des clients, des fournisseurs, des banques, et des problèmes de trésorerie à gérer. Quand on connaît les problèmes de l'intérieur, on comprend mieux ceux des autres. Pour moi, l'entreprise est le seul moyen de créer de la richesse : il faut donc investir pour soutenir l'économie et pour avoir demain moins de problèmes dans le financement des solidarités. Faisons confiance à l'entreprise.


Les déplacements restent un point noir pour Grenoble ; quelles sont les solutions envisagées pour l'agglomération ?

Il faut développer à la fois les autoroutes de l'information que sont le numérique, et les autoroutes au sens propre si l'on veut une ville accessible, qui ne se désertifie pas, et qui soit en lien avec la métropole de Lyon. Il faut donc travailler la liaison par route et par rail, même si cela n'est pas une compétence du département, et revendiquer une ligne TGV Lyon Grenoble. Quant à l'échangeur du Rondeau, si l'on ne modifie pas les routes qui y accèdent, on ne réglera pas le problème. Il faut donc parler du Rondeau et de l'A480 en même temps.


Comment envisagez-vous le dialogue, face à un maire grenoblois EELV, un président de la métropole et un président de région socialiste ?

J'ai dit que je souhaitais avoir une présidence sans idéologie et dogmatisme. Je travaillerai avec tous ceux qui voudront bien mettre de la volonté pour faire avancer des dossiers. À nous de travailler en bonne intelligence. Quand les gens mettent 1h30 pour traverser Grenoble, ils veulent avant tout qu'on règle leurs problèmes.


Comment voyez-vous votre positionnement avec le département du Rhône et la métropole de Lyon ?

Il faut que l'on agisse en synergie, car on ne veut pas que Grenoble devienne la banlieue de Lyon. Grenoble, qui est la 2e ville de la région, doit être un partenaire régional à part entière. On ne doit pas être dans la concurrence : d'ailleurs, on voit bien par sa géographie que Lyon est située au coeur de grandes plaines, et Grenoble, dans les montagnes : on ne peut pas jouer sur les mêmes entreprises, il faut qu'on se répartisse les choses en créant des synergies.


Vous avez soutenu ouvertement le projet Center Parcs de Roybon : quelles seront les prochaines étapes ?

Pour le moment, nous attendons les décisions de justice. Car on a des opposants EELV qui, quand la démocratie ne leur donne pas raison, vont devant les tribunaux, et s'enchaînent au pied des arbres. J'attends donc cette décision ; si elle est favorable, nous mettrons tout en oeuvre pour que le projet démarre immédiatement. Car c'est 370M€ d'investissements, 700 emplois dont 490 à temps plein et 0,42 % de forêt et de bois de taillis en moins. On a donc bien compris que les enjeux ne sont pas environnementaux, les opposants contestent surtout ce mode de tourisme et de financement des sociétés. Nous avons fait au deuxième tour avec près de 77 % de voix à Roybon, en ne cachant pas notre soutien au projet : on peut considérer que le référendum a eu lieu.

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